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 Haiti-Refondation.org

RNDDH condamne les actes de violences perpétrés lors des manifestations de l'opposition

, 02:40am

Publié par haiti-refondation-org

RNDDH condamne les actes de violences perpétrés lors des manifestations de l'opposition

 

RESEAU NATIONAL DE DÉFENSE DES DROITS HUMAINS (RNDDH) REZO NASYONAL POU DEFANN DWA MOUN

NATIONAL HUMAN RIGHTS DEFENSE NETWORK

NEWS

RELEASE

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

CONTACTER :  Marie Yolène GILLES COLAS

PHONE: (509)2940-1222 / 3650-8103 / 3463-4192 (509)2244-0076/ 2244-1496

Cell : (509) 3728-8466

 

 

                                                                                 

Le RNDDH condamne les actes de violence perpétrés lors des manifestations antigouvernementales

Depuis plusieurs semaines, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) constate avec effarement, une augmentation des actes de violence, notamment lors des manifestations anti-gouvernementales.

Ces  agressions  orchestrées à  l'encontre  des  membres  de  la  population  qui  ne participent pas aux manifestations, sont caractérisées par le pillage, le vol, la casse des pare-brise et l'incendie de plusieurs véhicules de particuliers et de l'Etat. Pour la seule journée du 22 janvier 2015, au moins cinq (5) véhicules ont été endommagés et  des  passants  se  sont plaints  d'avoir perdu  leurs  effets  personnels dont  des téléphones portables.

Par ailleurs, les 17 et 20 janvier 2015, le local du parti politique dénommé Fusion des Socio-démocrates, sis à Christ-Roi, a été la cible d'individus non identifiés qui ont lancé des pierres et ont fait usage d'armes à feu en direction dudit local.

Le RNDDH estime que cette atmosphère de violence qui s'instaure peu à peu dans le pays ne peut en aucun cas être acceptée dans une société basée sur la règle de droit démocratique.

Le RNDDH rappelle à tous que le droit de manifester pacifiquement est garanti par la Constitution haïtienne en vigueur. Cependant, les manifestants se doivent de ne pas nuire aux autres.

Le RNDDH condamne avec la dernière rigueur ces actes de violence perpétrés lors des manifestations et recommande aux autorités policières de prendre toutes les dispositions qui s'imposent en vue de garantir la sécurité du local de la Fusion des Socio-démocrates, de sévir contre les fauteurs de troubles et d'assurer la sécurité des vies et des biens des membres de la population

Port-au-Prince, le 26 janvier 2015

( Fin de la Note)

LAVALAS : UN GROUPEMENT QUI COMMET DES ACTES TERRORISTES MAIS QUI NE REVENDIQUE JAMAIS SES ACTIONS

Une organisation politique qui a un lourd dossier criminel et qui a l'habitude d’incendier les sièges des partis politiques, de mener des attaques armées contre la résidence de leurs dirigeants, de commettre des agressions contre la presse et ses représentants

Le RNDDH condamne ces actes de violence.

Aujourd'hui, ce sont les locaux du Parti Fusion des Sociaux-Démocrates qui ont été pris pour cible de malfrats qui se réclamaient ouvertement de Lavalas

Hier, c’était les locaux de l'OPL, du KONAKOM, du KID et de bien d'autres

Des violences intolérables sous tous les rapports.


En 2001, sous le gouvernement d'Aristide, le siège national de l'OPL (Organisation du Peuple en lutte), originellement Organisation Politique Lavalas) fondée en 1991, Quartier-General de la Convergence, a été pillé et incendié. Le mur et la barrière de l'entrée ont été renversés par un bulldozer du CNE. Les équipes d'assaillants ont été aussi véhiculés par la CNE. L'OPL est membre de l'Internationale socialiste, Coordinateur; Gérard Pierre Charles.
NB. Une maison attenante a été aussi pillée et incendiée.


- Le Local du Konakom, (Comité National du Congrès des Mouvements Démocratiques) membre de la Convergence et de l'Internationale Socialiste --Coordonnateur Victor Benoît-- a été pillé et incendié.


- Le local de la KID (Confédération Unité Démocratique), membre de la Convergence, coordonnateur :Evans Paul (Konpè Plim) mis à sac et incendié.


NB. C'est la 3e fois que le local de la KID a été dévasté : en 1991 (deux mois avant le coup d'état), et en avril 2000.


- Le local de l'ALAH (Alliance pour la Libération et l’Avancement d’Haïti) membre de la Convergence qui est aussi le cabinet d'études de Me Reynold Georges, son coordonateur, a été incendié.
Les maisons familiales des dirigeants de la Convergence.


- La résidence du professeur Victor Benoît située à Bon Repos, dans la banlieue nord de Port-au-Prince, a été pillée et incendiée (voir détails dans le témoignage plus loin).


- La résidence du professeur Gérard Pierre Charles, située au Morne Hercule à Pétion-Ville a été pillée. La salle de la bibliothèque a été incendiée avec un cocktail Molotov. La maison a été assiégée en fin de matinée par des membres de la CIMO (Corps d’intervention et de maintient de l’ordre) et par des civils armés transportés en véhicules de la CNE (Compagnie nationale d’équipements - entreprise publique).
Dans les deux cas des officiels ont été reconnus, des véhicules ont été identifiés (voir témoignage plus bas).
Centres culturels


- Le CRESFED, Centre de formation, de recherche et de documentation, membre de la Plateforme des Droits Humains, dirigé par Suzy Castor, professeur universitaire, historienne de formation, fondé en 1986, a été attaqué, incendié et pillé (voir témoignage plus loin).


- La villa appartenant à l’État français et abritant les locaux administratifs de l'Institut Français d’Haïti, voisin du local de Konakom, a été pillé.

 

- Le mobilier de la résidence du Pasteur Milton Chery, membre de la coordination de l'OPL dans le Nord, ex-candidat au Sénat, est jeté dans la rue et brûlé

- Eluscat Charles, porte-parole OPL dans le Nord a vu sa résidence pillée et incendiée ainsi que la maison voisine.
- La maison des frères Tanis, de la Convergence et celle de Jacques Etienne, critique connu de Lafanmi Lavalas, ont également été mises à sac.
- Un certain Célius, proche des FADH a failli être lynché, n'était-ce l'intervention de quelques passants et des affrontements ont eu lieu lorsque les manifestants lavalassiens ont tenté de s'attaquer à Grégory Joseph de la Convergence
- Le siège central de l'OPL dans le Nord est saccagé.
- Les assaillants ont tenté de mettre le feu à Radio Maxima mais ont dû renoncer devant la réaction des riverains qui se sont portés à la défense de la station.
Cayes
- La caisse de l'entreprise de construction que dirige Gabriel Fortuné, ex-député, porte-parole départemental de la Convergence, est pillée et 2 camions bascules incendiés.
- La résidence de Jean Robert Jeune, membre du comite de coordination départemental de l'OPL est partiellement saccagée.
- La maison de Wilfred Jean-Baptiste, membre du comite de coordination départemental de l'OPL est endommagée et pillée.
- La résidence de Kessel Cilius, membre de la Convergence est pillée.
- La résidence de Pierre Richard, membre de la Convergence est pillée.


Gonaïves
- La résidence du Pasteur Luc Mésadieu, président du Mochrena et membre du directoire de la Convergence démocratique est incendiée; 3 voitures sont brûlées; 2 personnes proches du pasteur sont tuées puis brûlées.
- La résidence du Pasteur Sylvio Dieudonné, vice-président de Mochrena est incendiée ainsi qu'une maison voisine. Une Eglise et une école dirigées par le Pasteur sont également incendiées.
- Le mobilier de la résidence de Anouès Difficile, membre de la Convergence démocratique, est incendié.
- Le correspondant de Radio Métropole dans l'Artibonite, Duc Jonathan Joseph est porté disparu.


Grande Rivière du Nord


- Le local de l'OPL est attaqué et saccagé.


Jacmel


- La résidence du porte-parole de la Convergence Démocratique dans le Sud-Est, Milot Gousse, a été attaquée avec jets de pierres.


Jérémie


- Lensky Cassamajor, représentant de l'OPL est sequestré, malmené et sauvé de justesse du lynchage.


- Local de la CATH (Centrale des travailleurs Haïtiens) incendié; beaucoup de membres de la Convergence ont dû prendre la fuite.


N.B - Participation de deux véhicules de l'Etat (Education Nationale et Finances).


Petit-Goave


- La maison de Jean Jasmin, enseignant, membre de la coordination locale de l'OPL, est incendiée, ainsi que celle de Déus Jean-François, MDN, ex-député, membre de la Convergence, responsable communal. Des affrontements ont eu lieu entre les groupes lavalassiens et les partisans de la Convergence. Au cours de la journée plus de 15 maisons ont été incendiées et 5 mises à sac. Les premiers rapports indiquent que: Yvon Jean, René Jean-Michel, Eligène Desrosiers, Jean Wilio Manéus, Dieusibon Jean, Yves Rigaud, Denise Osias, Inès Coicou, Genise Jean, Diréus Antoine, Prosper Jeanty, Montigène Sincère, Serge Bouzile, Wilbert Pierre, auraient ainsi, entièrement ou en partie, perdu leur résidence.


Thiotte


- Gabriel Davidson, membre dirigeant de l'OPL et une quinzaine de militants ont dû se mettre à couvert.


À Port-au-Prince

La Presse

Au cours de la journée des journalistes, reporters, stations de radio sont l'objet de menaces, d'actes de violence qui obligent plusieurs représentants de la Presse à se mettre à couvert, certains, dans des ambassades. D'après Reporters Sans Frontières: «Le caractère systématique des agressions démontre que les manifestants avaient reçu des instructions pour s'en prendre à la presse».


Thony Bélizaire, photographe de l'Agence France Presse, Patrick Moussignac, Guérin Alexandre, Jean-Elie Moléus, respectivement directeur et reporters de Radio Caraïbes et Guyler Delva, président de l'Association des Journalistes Haïtiens, ainsi que des reporters de Telemax, ont été pris violemment à partie par des manifestants proches de Fanmi Lavalas armés de revolvers, de machettes, de bâtons. Ils ont obligés les journalistes à quitter les lieux sous la menace.
«Nous vous aurions abattu si vous étiez de Radio Caraïbe» ont déclaré des partisans du pouvoir à Maxo Exil, de l'agence Haïti Press Network, qu'ils menaçaient d'une arme.-


Roger Damas, de Radio Ibo, a été forcé de remettre sa carte de presse et son cellulaire aux manifestants qui assimilaient Radio Ibo à l'opposition.


Des journalistes de Radio Vision 2000 dont Pharès Duverné, Robert Philomé et Yves Clausel Alexis, alors qu'ils couvraient les évènements se déroulant au Palais National, ont été contraints de crier "Vive Aristide, Vive Lavalas" par des membres d'organisations populaires proches du pouvoir.


Selon Arins Bellevue, directeur de Radio Galaxie, leur confrère, Abel Descolines a dû se mettre à couvert après avoir reçu des menaces et avoir été informé que son nom et celui d'autres représentants de la presse se trouvaient sur une liste de journalistes à abattre. Un journaliste du RECAP, Gaston Janvier s'est trouvé dans la même situation.
Des reporters de Radio Métropole ont été agressés et mis en joue par des partisans du pouvoir qui se trouvaient à bord de véhicules appartenant à des entreprises de l'Etat. Les vitres de l'autobus de Radio Caraïbes ont été brisées par des manifestants pro-Lavalas. Plusieurs stations ont reçu des menaces de mort et ont cessé d'émettre ce jour-là: Radio Quisqueya, Radio Métropole, Radio Vision 2000, Radio Signal FM, et Radio Caraïbes. Cette dernière devait suspendre pendant plusieurs jours ses émissions.


LES TÉMOIGNAGES


Déclaration pour la presse de Jessie Benoit,
le mercredi 19 décembre 2001
Moi, Jessie Ewald Benoit, épouse de Victor Benoit, coordonnateur du KONAKOM et dirigeant de la Convergence Démocratique, certifie et atteste que :
1. Le lundi 17 décembre 2001, à 12 :00 AM (midi), un commando de mercenaires agissant au nom de Lavalas a débarqué en notre résidence située à Lilavois. Quatre (4) véhicules chargés d'hommes lourdement armés:
- une Toyota Four Runner de couleur noire sans plaque d'immatriculation;
- une Nissan Patrole blanche officielle, immatriculée au No 0824;
- une Toyota double cabine sans plaque;
- une Toyota RAV4 de couleur marron
Ce commando avait pour mission d'assassiner en plus de Victor Benoit, tout être vivant (humains et animaux) se trouvant sur les lieux. Nous étions tous présents, Victor Benoît et moi, ainsi que trois (3) parents adultes et quatre (4) adolescents quand ils ont débarqué.
Après avoir semé la panique chez nos proches voisins, nos assassins ont investi la cour de la maison. Ils ont incendié la maison pièce par pièce en mettant particulièrement l'accent sur les espaces fermés. Nous avons eu la vie sauve grâce à la chaîne de solidarité qui a été organisée spontanément par les habitants de Lilavois.
2.- J'accuse la Police Nationale d'Haïti et particulièrement le Commissariat de Bon Repos, pour NON ASSISTANCE A PERSONNE EN DANGER.
J'accuse Lavalas de tentative d'assassinat sur ma personne et celle de mon mari Victor Benoit et les membres de notre famille qui étaient dans la maison avec nous.
3.- Je dis à l'ensemble de la population haïtienne : Hier c'était la Presse avec Jean Dominique, Brignol Lindor. Aujourd'hui c'est la Convergence Démocratique avec Victor Benoit, Gérard Pierre Charles et d'autres dirigeants et membres de la Convergence; Demain ce sera l'ensemble des secteurs de la société haïtienne qui luttent pour une société libre et démocratique.
En avant tous, n'ayons pas peur, serrons-nous les coudes pour ce grand faisceau qui doit barrer la routeà la dictature.
TET ANSANM TET ANPLAS NAP CHANJE SA
Jessie Ewald Benoit

 

Témoignage de Suzy Castor : la résidence de Suzy Castor et de Gérard Pierre-Charles mise à sac


Le lundi 17 décembre, Suzy Castor écoutait les nouvelles du matin dans la résidence où elle vit avec sa famille, à Pétion-Ville, au Morne Hercule, lorsqu'elle reçut l'appel d'un ami insistant pour qu'elle quitte immédiatement sa demeure. Il venait d'apprendre qu'un groupe armé, se dirigeait vers la maison probablement pour l'incendier. Sans rien emporter, Suzy Castor s'enfuit avec ses trois petits-enfants pour se réfugier chez des amis.
Il est 9.30 AM. Une demi-heure plus tard, le groupe d'assaillants, évalué à une centaine de personnes, arrivait dans la rue Charlemagne Péralte, qu'il arpenta de haut en bas avant de pouvoir identifier la maison. Cette troupe, parmi laquelle on ne pouvait ne pas remarquer des enfants et des adolescents, était armée de fusils, revolvers, machettes, piques. Ils se sont massés devant la maison et se sont mis à envoyer des pierrres. Quelques policiers arrivent alors, au nombre de 5 ou 6, se placent en retrait des assaillants et assistent sans intervenir aux tentatives de destruction du mur d'enceinte.
C'est à ce moment que les hommes de sécurité, à l'intérieur, tirent en l'air pour disperser le groupe. Alors, les attaquants demandent du renfort: les appels sur radio ont été entendus par plusieurs témoins. Très rapidement, 2 camions de la CNE et autres pick-ups de la police, dont un marqué "Cité-Soleil", arrivent et débarquent des hommes en civil, armés certains, de fusils-mitrailleurs.
Les habitants de la maison, dont la fille de Suzy Castor, abandonnent les lieux, en passant par-dessus le mur arrière du jardin. C’est à ce moment qu'arrive une équipe de CIMO.
Les assaillants essaient de forcer la barrière. Ayant réussi à pénétrer dans la cour, ils mettent le feu aux deux véhicules qui s'y trouvent en criant : «yo pa gen jan pou yo soti, nap pran yo, nap rache yo youn pa youn».Constatant que personne ne sortait, ils entrent chez les voisins à la recherche des occupants en fuite. Utilisant un cocktail Molotov, ils incendient une des pièces principales.
Selon plusieurs témoignages, au cours des évènements, le sénateur Prince Sonson Pierre, le magistrat de Pétion-Ville, Sully Guerrier et le député Felito Doran étaient présents et observaient le déroulement de l'opération. Tout ceci se passe sans que, ni les policiers, ni les agents du CIMO n'interviennent pour contrôler ou retenir les assaillants afin d'empêcher le pire.
Suite à plusieurs appels d'amis et autres citoyens alarmés, les pompiers arrivent.,une première fois sans eau. Finalement ils réussissent à contrôler l'incendie. Aussitôt après, vers 4.30 PM, la maison est livrée au pillage. Tout a été emporté ou détruit. Des spectateurs qui ont essayé de protester ou de s'interposer ont été malmenés et frappés.
Plusieurs témoins ont vu les pillards monter dans les véhicules de la Police avec leur butin. Cependant, aux personnes venues s'enquérir, le Commissariat de Pétion-Ville, a déclaré ignorer cela.
NB.- Ce lundi 17 décembre, le professeur Gérard Pierre Charles était à Miami où il assistait à un séminaire sur les partis politiques, organisé par l'OEA.


Témoignage de Suzy Castor : La destruction du CRESFED


Le lundi 17 décembre, vers 1h PM, un groupe d'individus, la plupart très jeunes, presque des enfants, armés de fusils, se dirige vers le local du CRESFED, 10, rue Jean-Baptiste, au Canapé-Vert. De toute évidence, ils ne connaissent pas l'adresse, car ils passent devant le local sans le reconnaître et questionnent les habitants du quartier afin d'identifier la maison.
L'unique gardien s'étant mis à couvert, à l'approche de la troupe, celle-ci pénètre sans difficulté dans la cour principale. Deux camions de police accompagnaient le groupe et assistent au pillage et à l'incendie. On a également remarqué la présence du délégué de Ville pour le Canapé-Vert, Analès Obas. La mise à sac est totale. Le feu est mis pièce par pièce. Ce qui ne peut être emporté est détruit, incendié. Par exemple, tout l'équipement d'imprimerie et des émetteurs devant servir pour une radio éducative. Les W.C. ont été remplis avec des exemplaires de la Constitution, et un grand nombre d'ouvrages a été systématiquement brûlé. L'immeuble lui-même est vandalisé: céramiques, portes, fenêtres, climatiseurs, fers forgés.
Le chien de garde du CRESFED a été, selon les témoignages, arrosé d'essence et brûlé vif.
Dans la journée du mardi, on trouvait déjà en vente sur les trottoirs de la Capitale des exemplaires épars des collections spécialisées du CRESFED. Il faut noter que des archives précieuses sur l'histoire politique et syndicale du pays ont été détruites, ainsi que des collections de périodiques clandestins sous Duvalier . C'est une partie de la mémoire du peuple haitien qui a ainsi disparu.


Témoignage de Chavannes Jean-Baptiste


Le lundi 17 décembre, un groupe de "chimères" est arrivé dans deux camions avec des jerricanes d'essence devant le local du MPP (Mouvement Paysan Papaye) à Hinche. De nombreux militants et sympathisants avertis de ce qui se préparait, s'étaient massés dans la cour. Leur présence et détermination ont déconcerté les assaillants à leur arrivée et ceux-ci ont décidé de rebrousser chemin en prenant soin de couper les cables de téléphone qui désservent la fondation qui se trouve depuis lors privée de communication.

 

Témoignage de résidents de Martissant-Fontamara

Le dimanche 16 décembre, aux environs de 7:30 pm, des résidents de Martissant-Fontamara qui regagnaient leur domicile, ont dû négocier leur passage en plusieurs fois avec des groupes occupés à installer des barricades en divers points de ces quartiers. Surpris de se trouver face à cette situation que rien ne laissait prévoir, la journée du dimanche s'étant écoulée sans incident particulier, ces personnes essayèrent de s'enquérir des raisons de ces préparatifs. La réponse fut laconique: " N ap kite nou pase, pas poze kesyion, antre lakay nou…" (On vous laisse passer, rentrez chez vous sans poser de questions.).


Témoignage d'un éducateur des Gonaïves

Au cours de la journée du dimanche 16 décembre une série de festivités, réunions, avait eté organisées par le gouvernement qui à cette occasion avait procédé à la distribution de Gdes 15.000 aux tenancières de restaurants populaires, dans le cadre du programme du Ministère à la Condition Féminine.
Aux environs de 9h du soir des «autorités» venues de Port-au-Prince distribuent armes, munitions, argent, aux dirigeants des groupes de base. Le délégué Kenaz Jean Baptiste St. Pierre, le maire Stephen Moise et le maire-adjoint Beauvoir Ulysse sont présents. Vers 4h am on observe des véhicules de la PNH et de la Mairie qui transportent des pneus usagés et des barricades sont édifiées.

À 8:30 am, le délégué Kenaz J.B. St. Pierre annonce la fermeture des écoles, commerce et industrie.
À 9:30 am, la maison du Rev. Luc Mésadieu (MOCHRENA) à Gattereau, entrée nord de la ville, est incendiée. Le groupe s'empare de deux personnes et leur fait subir le supplice du collier. Une des victimes était un agent de sécurité

À 11:20 am, on apprend que l'école Manassé du Rev. Sylvio Dieudonné à Bigot, entrée Ouest de la ville, a également été incendiée.
À 11:35 am, la résidence privée du Rév Sylvio Dieudonné est investie et brûlée. Parmi les assaillants se trouvaient: un chef de bande connu Amyot Métayer (Cubain) le maire Stephen Moïse (Topa), le maire-adjoint Beauvoir Ulysse, Gracia Joseph (Tot) coordonateur de Fanmi Lavalas, administrateur local de l'APN, et William Joseph également de l'APN, coordonateur de Organisation Démocratique de Raboteau (OPDR).
À 12:30 pm, le même groupe incendie la maison de Anorès Difficile symphatisant de la Convergence Démocratique A partir de 2h pm les manifestants ont fêté et dîné dans les restaurants populaires qui avaient reçu l'argent du Ministère de la Condition Féminine.
Pendant que ces événements se déroulaient, la Police est restée cantonnée au commissariat départemental de l'Artibonite.

III. RÉACTIONS : déclarations et interventions
 

Les organisations des Droits de la Femme: ENFOFANM, KAY FANM, SOFA «Non, Non, Non! Kominike ki soti bò kote gouvèneman Lavalas la fè konnen te gen yon tantativ koudeta nan nwit 16 pou rive 17 desanm 2001, e pou pwoteje pouvwa Lavalas la "popilasyon yo reyaji. Ki popilasyon ? Depi kilè poilasyon ayisyèn nan te ame ? Konbyen moun nan popilasyon yo ki gen mwayen sikile lan machin, a lè sa a, nan moman ensekirite sa yo? Pèp ayisyen nou pa dwe bliye kouman Duvalier te chita pouvwa bout di li a! Sa ki pase lendi 17, madi 18 desanm 2001 e k ap kontilye fèt nan tout rakwen peyi a, se yon operasyon kont tout sa ki sanble opozisyon ak pouvwa Lavalas la!».
(Le communiqué émis par le gouvernement annonce qu'il y a eu une tentative de coup d'État dans la nuit du 16 au 17 décembre, et que pour protéger le pouvoir Lavalas la "population" a réagi. Quelle population? Depuis quand le peuple haitien est-il armé? Combien de personnes ont-elles les moyens d'être véhiculées, particulièrement dans cette période d'insécurité? Peuple Haïtien, n'oublions jamais comment Duvalier a installé sa dictature! Ce qui s'est passé le lundi 17 et le mardi 18 décembre et continue à se produire partout dans le pays ce n'est pas autre chose qu'une opération dirigée contre tout ce qui semblerait vouloir s'opposer au pouvoir Lavalas» (20 déc 2001)


---------- Evans PAUL, leader du KID (Komite Inite Demokratik) :
«Arrêtez le robinet de sang qui coule dans le pays !…» (18 déc. 2001)


---------- Gérard Gourgue :
«Je me demande ce qui est arrivé au Palais National ? Il semble être devenu un prétexte pour massacrer l'opposition».


---------- Le Député (contesté) de la 3ème circonscription de Port-au-Prince, Simson LIBERUS, dit : «Plaider en faveur de la peine de mort qui doit être appliquée contre les putschistes, zenglendos ou kidnappeurs surpris en flagrant délit. Le Sénateur indique qu'il entend soumettre en ce sens un projet-loi à la chambre basse». Article 20 de la Constitution de 1987: «La peine de mort est abolie en toute matière» (21 déc 2001)
---------- Dr Dunois CANTAVE, dirigeant politique «Sous prétexte d'un coup d'Etat manqué, nous assistons à un autre aspect de ce fameux mot d'ordre qui, en plus des assassinats politiques et citoyens et de journalistes déguisés en lynchages, nous amène maintenant à la mise à sac et à l'incendie de locaux de partis politiques et de résidences de membres et de dirigeants de l'opposition haïtienne» (18 déc 2001)


---------- Guy PAUL, Ministre de la Culture et de la Communication :
«L'incendie des locaux des partis politiques est un incident regrettable, mais le peuple est enragé; il est difficile d'éviter ces choses-là». (19 déc 2001)

Dossier Source : Centre œcuménique des droits de l'homme