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 Haiti-Refondation.org

DEVOIR DE MÉMOIRE - DE GROS DÉGÂTS APRÈS LE PASSAGE DU CYCLONE LAVALAS (2e partie)

17 Décembre 2016, 14:52pm

Publié par haiti-refondation-org

"L'APRÈS" 17 DÉCEMBRE


Les évènements du 17 décembre ont continué à faire l'actualité. Les répercussions et conséquences de ce qui s'est passé ainsi que le questionnement qui en découle, sont en permanence dans les nouvelles.
D'après de nombreux témoignages, reportés dans les médias entre autres, dans les jours qui ont suivi, des remous ont été observés au sein de plusieurs ministères et même au niveau du palais présidentiel à cause de violentes protestations de groupes de partisans de Fanmi Lavalas, réclamant d'être rémunérés pour "le travail effectué le 17 décembre". Ils ont semé le trouble dans les locaux des ministères à la Condition Féminine, les Affaires Sociales et la Culture. La situation, dans certains cas, n'a pu être contrôlée que grâce à l'intervention de la Police.
On a pu entendre sur les ondes les avertissements des protestataires : «Si yo pa peye nou rapid, rapid, baton ki bat Konvèjans lan se li kab bat yo tou »

 

Les pertes en vies humaines


Le 21 décembre, un récit détaillé des évènements, de huit pages, diffusé sur le site internet de la présidence, décrit l'entrée des assaillants dans le Palais et la poursuite effectuée par un hélicoptère de leurs véhicules jusqu'à une grotte du Morne à Cabris. Ce récit est aussi diffusé en anglais dans une traduction signée Michèle Karshan.
Ce récit conclut que l'attaque, opérée par vingt-cinq (25) hommes avait fait huit morts, dont cinq (5) chez les assaillants, un (1) au Palais et quatre (4) à Thomazeau.
«Quelques jours plus tard, la population de Thomazeau appréhenda quatre hommes dans cette localité et les tua à cause des blessures par balles qu'ils portaient sur leur corps». Aucune victime n'est identifiée.
À partir des informations recueillies dans les médias et autres témoignages, l'assaillant tué au Palais National qui avait d'abord été identifié comme "Perez", serait en fait un nommé "Chavre Milôt". Les deux policiers assassinés seraient: Théagène François et Raymond Jean-Eustache, tous les deux attachés au Commissariat de Port-au-Prince.
Les évènements de Thomazeau, auxquels il faut ajouter ce qui se serait produit à La Croix-des-Bouquets et Ganthier, se soldent par un bilan qui compte cinq (5) bléssés : Guy Astrel JEAN, Jean Roma Brevil, Wesly Cineus, Hermann Renauld, Frantceau Lahens et cinq (5) morts : Auxilia Etienne, Elinel Etinel, Delinois Augusme, Altiné Marius et Altanas Cineus.


Du coté de la justice : les arrestations


- Pierre Richardson, appréhendé et remis à la Police, selon la version officielle, par la population de Terre Rouge, l'ex-soldat Pierre Richardson, est passé aux aveux. Il a reconnu avoir comploté et participé à l 'opération qui avait pour but de prendre le pouvoir et dans la préparation de laquelle les anciens commissaires de police, Jacky Nau, Guy Phillippe et l'ancien Colonel Guy André François étaient impliqués. Interrogé à la télévision sur les circonstances de son arrestation, Richardson explique: " Eh bien! la Police a fait son enquête, elle m'a trouvé, elle m'a arrêté, et voilà!


- Le mercredi 19 décembre, Guy André François est arrêté dans le cadre des enquêtes relatives à la tentative du coup d'État. Le lundi 7 janvier 2002, à l'issue d'une audience tenue à la première chambre civile, un jugement a été prononcé ordonnant la libération immédiate de M. François qui s'est fait attendre encore plusieurs jours.


- Le mercredi 26 décembre Jean Dumesle, accusé «de ne pas avoir rapporté à la Police que des réunions avaient lieu à la résidence dont il est le gardien» est arrêté pour complicité dans l'affaire du coup d'Etat. La résidence en question appartient à Albert Dorélien, frère de l'ex-colonel Carl Dorélien qui vit depuis plusieurs années en Floride.


- Le 27 décembre 2001, le gouvernement nomme Me Bernard Saint-Vil juge d'instruction chargé d'enquêter sur le dossier de la tentative du coup d'État du 17 décembre 2001.


- Le mardi 18 décembre, l'ex-commissaire de la police haïtienne, Guy Philippe, a été arrêté par les autorités équatoriennes et renvoyé vers la République Dominicaine. Arrivé dans la capitale dominicaine il aurait subrepticement pu se glisser jusqu'à la sortie de l'aéroport. Retrouvé à Bonao, il serait en voie d'être déporté au Venezuela. Selon le Ministre des Affaires Étrangères de la République Dominicaine, M. Hugo Tolentino Dipp, jusqu'à la date (4 janvier 2002), le gouvernement haïtien n'avait pas présenté de requête d'extradition.


- L'Affaire Saati : le 27 décembre, M. Antoine Saati, un homme d'affaires de nationalité américaine, a été arrêté par la police sous le chef d'accusation d'être impliqué dans la tentative de coup d'État du 17 décembre écoulé. Malgré de multiples interventions et la diligence de ses avocats, ce n'est que le 14 janvier que la justice a ordonné sa libération invoquant "des erreurs dans le traitement du dossier Saati". Les entrepôts de la famille de l'industriel, ont été complètement pillés.


- Le 3 janvier, le juge d'instruction Bernard Saint-Vil a entendu trois personnes accusées de complicité dans la tentative de coup d'État du 17 décembre: Jean Dumesle, Enéus Préval et Jean-Max Louis tous deux agents de sécurité de Me Jehan Colimon. Ce dernier a sollicité du juge instructeur, une main levée pour insuffisance de preuves.


- Le même jour,, le ministre de la Justice, Me Garry Lissade, a déclaré à la presse, que deux policiers ont été mis en isolement. Ils étaient en poste à la porte d'entrée du Palais, par laquelle seraient passés les assaillants, lors de la tentative du "coup d'état" du 17 décembre ". Le Ministre Lissade n'a pas voulu révéler leurs noms.

DEVOIR DE MÉMOIRE - DE GROS DÉGÂTS APRÈS LE PASSAGE DU CYCLONE LAVALAS (2e partie)

RÉACTIONS :

Déclarations Et Interventions


Dans les heures qui suivirent l'annonce officielle de "coup d'État", les gouvernements étrangers ont réagi instantanément pour condamner pareille tentative. Cependant, le déroulement des évènements de la journée du 17 décembre devait, dès le lendemain, provoquer une seconde vague de réactions, tant au niveau national qu'international, où l'on trouve un questionnement des faits tels que rapportés, mais aussi la condamnation catégorique des actes de violence perpétrés contre les média et leurs représentants, les partis politiques et leurs dirigeants, et ceci, dans la plupart des cas, en présence des forces de la Police nationale.
Depuis lors de nombreuses réactions en provenance de divers secteurs ne cessent d'être enregistrées :

Témoignages de marchands au Champs de Mars


Le dimanche 16 décembre, dans la soirée qui a précédé la tentative de coup d’État, vers 8 h pm, une patrouille du Palais National a ordonné aux marchands installés dans l'aire des places situées près du Palais, de vider les lieux.


Les Organisations des Droits de la Femme:

ENFOFANM, KAY FANM, SOFA «Non, Non, Non! Kominike ki soti bò kote gouvèneman Lavalas la fè konnen te gen yon tantativ koudeta nan nwit 16 pou rive 17 desanm 2001, e pou pwoteje pouvwa Lavalas la "popilasyon yo reyaji. Ki popilasyon ? Depi kilè poilasyon ayisyèn nan te ame ? Konbyen moun nan popilasyon yo ki gen mwayen sikile lan machin, a lè sa a, nan moman ensekirite sa yo? Pèp ayisyen nou pa dwe bliye kouman Duvalier te chita pouvwa bout di li a! Sa ki pase lendi 17, madi 18 desanm 2001 e k ap kontilye fèt nan tout rakwen peyi a, se yon operasyon kont tout sa ki sanble opozisyon ak pouvwa Lavalas la!».
(Le communiqué émis par le gouvernement annonce qu'il y a eu une tentative de coup d'État dans la nuit du 16 au 17 décembre, et que pour protéger le pouvoir Lavalas la "population" a réagi. Quelle population? Depuis quand le peuple haïtien est-il armé? Combien de personnes ont-elles les moyens d'être véhiculées, particulièrement dans cette période d'insécurité? Peuple Haïtien, n'oublions jamais comment Duvalier a installé sa dictature! Ce qui s'est passé le lundi 17 et le mardi 18 décembre et continue à se produire partout dans le pays ce n'est pas autre chose qu'une opération dirigée contre tout ce qui semblerait vouloir s'opposer au pouvoir Lavalas» (20 déc 2001)


---------- Evans PAUL, leader du KID (Komite Inite Demokratik) :
«Arrêtez le robinet de sang qui coule dans le pays !…» (18 déc. 2001)


---------- Gérard Gourgue :
«Je me demande ce qui est arrivé au Palais National ? Il semble être devenu un prétexte pour massacrer l'opposition».


---------- Le Député (contesté) de la 3ème circonscription de Port-au-Prince, Simson LIBERUS, dit : «Plaider en faveur de la peine de mort qui doit être appliquée contre les putschistes, zenglendos ou kidnappeurs surpris en flagrant délit. Le Sénateur indique qu'il entend soumettre en ce sens un projet-loi à la chambre basse». Article 20 de la Constitution de 1987: «La peine de mort est abolie en toute matière» (21 déc 2001)


---------- Dr Dunois CANTAVE, dirigeant politique «Sous prétexte d'un coup d'État manqué, nous assistons à un autre aspect de ce fameux mot d'ordre qui, en plus des assassinats politiques et citoyens et de journalistes déguisés en lynchages, nous amène maintenant à la mise à sac et à l'incendie de locaux de partis politiques et de résidences de membres et de dirigeants de l'opposition haïtienne» (18 déc 2001)


---------- Guy PAUL, Ministre de la Culture et de la Communication :
«L'incendie des locaux des partis politiques est un incident regrettable, mais le peuple est enragé; il est difficile d'éviter ces choses-là». (19 déc 2001)


---------- Le Secrétaire exécutif de la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH), Dr. Santiago A. Canton, condamne énergiquement la situation de violence qui règne en Haïti. Il rappelle à l'État Haïtien que la «Convention américaine relative aux droits humains, dont il est partie, souligne que les États ont le devoir de prévenir et de sanctionner, à la suite d'une enquête dûment menée, toute violation des droits reconnus dans cet instrument et de garantir aux victimes les réparations appropriées». (Washington 19 déc 2001).


---------- «Les autorités haïtiennes ne peuvent pas se permettre de laisser la violence se donner libre cours dans les rues sans intervenir» déclare José Miguel Vivanco, Directeur Exécutif de la Division des Amériques de Human Rights Watch. Il ajoute: «Le Gouvernement Haïtien doit faire en sorte que les enquêtes sur les attaques soient rapides, complètes et impartiales et que les responsables soient traduits en justice». (New York, 18 déc 2001).


---------- Du Canada, DROITS et DEMOCRATIE, s'adresse directement au Chef de l'État : «Excellence, vous seul avez le pouvoir de faire cesser immédiatement les agissements de ces groupes qui disent agir au nom du parti que vous représentez, la Fanmi Lavalas. Ils commettent des atteintes graves aux droits humains les plus fondamentaux, comme le droit à la vie, le droit à l'intégrité physique, le droit d'association et le droit à l'expression libre, alors que Haïti en ratifiant des Conventions et protocoles qui garantissent le respect de ces droits s'est engagée à défendre et à promouvoir ces droits». (Montréal 20 déc 2001).


---------- Pour Micha GAILLARD, dirigeant du Konakom, "sous prétexte d'un coup d'État dont on ne comprend ni les tenants ni les aboutissants, le pouvoir Lavalas en a profité pour tenter de bâillonner l'opposition démocratique. Pour lui, " les évènements du 17 décembre, c'est l' Acte II d'une scène théâtrale dont l'acte 1 s'était déroulé le 28 juillet 2001 et dont l'objectif est de réduire au silence la Convergence Démocratique" ( 18 déc 2001)


---------- Le Sénateur (contesté) Yvon NEPTUNE, Président du Sénat :
"…..le peuple a identifié ses ennemis…" (18 déc 2001)


---------- Dans son intervention sur les ondes de Radio Vision 2000, l’ancien colonel des Forces Armées d’Haïti, Himler REBU a passé au laminoir les arguments avancés par la Police nationale et la présidence pour justifier la "tentative de coup d'État (...) la fuite des assaillants du Palais national, contrôlé par le Service de sécurité et une foule immense mobilisée en la circonstance, est techniquement impossible, à moins que le gouvernement veuille accuser tous les membres de la Garde du Palais national de complices ou bien de lâches" (22 décembre 2001)
---------- «Lorsque le président de la République a dit qu'il a le contrôle de la situation et demande de continuer la mobilisation, le contenu de cette expression est de déchouquer, incendier, piller et bastonner». Me Fritz CANTON, à Vision 2000 (23/12/ 2001)


---------- L' ancien Commissaire Guy Philippe, sur les ondes de Radio Carnivale, à Miami, nie toute participation dans la tentative de coup d'État, tout en assumant son opposition au pouvoir Lafanmi Lavalas (18 déc 2001)


---------- Jean-Claude BAJEUX, directeur exécutif du Centre Œcuménique des Droits Humains : «Et voici que la face monstrueuse du Léviathan s'étalait, ce 17 décembre, devant nous, comme il était apparu à Petit-Goave, sous les yeux horrifiés de Brignol Lindor. Voici que des commandos livraient au feu des locaux de partis et des demeures d'hommes politiques, crimes que le Code Pénal sanctionne de la peine de mort (changée sous la Constitution actuelle en travaux forcés à perpétuité)... Tout redevenait possible : tout citoyen redevenait coupable, par le fait même d'exister. Le pire redevenait possible».
In "Revoir la face du Léviathan", Le Nouvelliste, 28 décembre 2001.

 

---------- Note de LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE «Nous estimons que cet événement du 17 décembre doit faire réfléchir le pays tout entier, dans toutes ses composantes et à tous les niveaux. Quelle qu'en soit la nature, quelle qu'en soit l'origine, ce qui s'est passé a offert le prétexte à des actes de violence inacceptables que nous déplorons et condamnons. Car, la violence, à laquelle on a, de façon irrésponsable, associée des mineurs, s'est déchaînée sans que les forces de l'ordre aient su l'endiguer, causant ainsi de grandes souffrances au pays…» (26 décembre 2001)


---------- ANMH (Association Nationale des Media Haïtiens) ... «condamne l'explosion de violence sous toutes ses formes et quelle qu'en soit la provenance qui a marqué la journée du 17 décembre 2001 et qui s'est soldé par des pertes en vie humaine et des actes de vandalisme de toutes sortes». (21 déc 2001)


---------- L'ISC (Initiative de la Société Civile) a condamné l'apparition sur la scène nationale de «groupes civils armés et violents et s’apparentant à une milice politique». Dans la même déclaration, l'ISC demande au gouvernement de «faire la lumière sur les évènements qui se sont produits au Palais National». (19 déc 2001)


---------- La PAPDA (Plate-forme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif) : ... "élève ses plus énergiques protestations contre les destructions perpétrées au cours de cette journée de cauchemar….Quelle leçon veut-on donner à nos enfants quand ils assistent à la destruction impunie par le feu de bibliothèques, de centres de documentation et de réflexion?………Ces opérations meurtrières et destructrices rappellent tristement l'ère des baïonnettes et le passé récent de la dictature des Duvalier qui s'est servie de l'arme de la terreur et de la destruction pour réduire au silence toute opposition et tout velléité de parole critique." (21 déc 2001)


---------- La POHDH (Plate-forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains) … «Condamne avec la plus grande rigueur la mise à sac du local du Centre de Recherches Économiques et Sociales et de Formation (CRESFED), institution membre de la Plate-forme et réclame des autorités des mesures de réparation»... «constate et relève certaines incohérences dans la reconstitution des faits par les autorités responsables et elle demande qu'une commission indépendante pour éclaircir, pour une fois, les évènements de la nuit du 16 au 17 décembre 2001…» (18 déc. 2001)


---------- LE COMITÉ POUR JUGER DUVALIER questionne : «Si le gouvernement a pu avec autant de facilité maîtriser les assaillants du Palais National, comment n'a-t-il pas pu intervenir pour protéger tant de bâtiments odieusement saccagés. Quelle belle occasion pour notre Président, d'apparaître (à travers, ce que nous appellerons une "provocation" savamment orchestrée), comme celui qui tient bien tout en main et qui appelle mielleusement au calme et aux valeurs démocratiques (...) Nous dénonçons avec fermeté ces manœuvres qui ruinent la cause de la démocratie en Haïti. Nous appelons tous ceux et celles qui font leur la cause des Droits de l'Homme, à faire échec à cette néo-dictature qui s'implante de plus en plus ouvertement dans le pays. Halte aux mensonges et aux déclarations onctueuses.» (Paris, 18 déc. 2001)


---------- RSF (Reporters sans Frontières). «Situation toujours tendue pour la presse quatre jours après la tentative supposée de coup d’État.... Selon les informations recueillies par RSF, la situation de la presse haïtienne ne s'est toujours pas normalisée quatre jours après la tentative supposée de coup d’État du 17 décembre. Se sentant menacés, près d'une dizaine de journalistes continue à se cacher. Cinq d'entre eux auraient trouvé refuge dans des ambassades et chercheraient à quitter le pays. Au moins deux des quatre stations de radios qui avaient été contraintes de cesser leurs émissions le 17 décembre affirment que la police ne leur a proposé aucune protection. Pourtant, au cours d'une allocution dans l'après-midi du lundi, le président Jean-Bertrand Aristide avait pris l'engagement de faire respecter la liberté d'expression.» (21 décembre 2001)


---------- AMNISTIE INTERNATIONALE " Le gouvernement Haïtien a l'obligation de protéger tous les citoyens sans exception, et doit agir de manière décisive pour mettre fin aux actes de violence commis à titre de représailles … demande au Président Aristide de continuer son appel au calme à ses partisans et de veiller à ce que les forces de l'ordre agissent dans le cadre de la loi et respectent les droits humains dans leurs efforts pour restaurer l'ordre public" (18 déc 2001)


---------- LE DEVOIR (Éditorial) «Qui croire ? Quoi Croire ? Telles sont les questions qu'à l'évidence la communauté haïtienne se pose au lendemain du coup d’État manqué qu'une trentaine d'individus, sous les ordres d'un ex-commissaires de Police, ont tenté dans la journée de lundi. Si l'on en croît la version officielle écrite et corrigée par le Président Jean-Bertrand Aristide, ce contingent a bel et bien essayé de renverser le gouvernement. Si l'on se fie aux représentants de l' opposition ainsi qu'aux témoignages de journalistes, le coup en question ne serait qu'une fumeuse mise en scène par Aristide et ses proches…." (Montréal, 19 déc 2001)


---------- Du côté de la communauté internationale, les réactions vont de la condamnation de l'attaque perpétrée contre le palais au rejet des violences qui l'ont succédée. L'Organisation des États Américains (OEA) et le gouvernement canadien ont condamné l'attaque. En outre, l'OEA considère le recours à la violence comme une grave menace à la démocratie. Le gouvernement français a déploré que l'attaque du Palais ait été suivie d'actes de violences dirigés contre les responsables et les sièges de partis politiques de l'Opposition. La France a aussi protesté énergiquement contre le sac de l'Institut Français au mépris des conventions internationales


---------- L'UNION EUROPÉENNE :
L’UE «condamne énergiquement les évènements confus qui se sont produits lors de l'attaque contre le Palais national le 17 décembre dernier. Elle réprouve, sans réserves, les violences et intimidations dont sont victimes ces derniers temps, et en toute impunité, certains médias (...) Demande aux autorité haïtiennes d’assurer pleinement la protection de la vie et des biens de tous les citoyens, sans distinction, ainsi que la totalité des garanties constitutionnelles, l état de droit et la légalité, dans le respect des engagements acquis par l'accord de Cotonou» (Bruxelles, 26 déc 2001)


---------- Parti Socialiste Français : (Communiqué) "Le Parti socialiste

Le Parti Socialiste condamne avec la plus grande fermeté la tentative absurde de prise du Palais présidentiel haïtien par des éléments armés lundi 17 décembre. Il rappelle aux autorités ayant en charge l'Etat qu'elles doivent assurer la sécurité de tous les citoyens. La destruction brutale du siège des partis d'opposition démocratique Convergence Démocratique et KONAKOM, les agressions contre la presse et ses représentants, sont inadmissibles. Leurs auteurs doivent être recherchés et poursuivis. Seul le rétablissement d'un pouvoir légitimé de façon incontestable par les urnes est de nature à rétablir l'équilibre citoyen attendu par le peuple haïtien". (18 déc 2001)


---------- Monseigneur LUIGI BONAZZI, Nonce Apostolique, doyen du corps Diplomatique. «L'inquiétude concernant la sauvegarde et le respect des droits humains, base fondamentale de la société humaine, grandit chez beaucoup d'observateurs. Nous sommes préoccupés par certaines graves atteintes qui semblent remettre en question la liberté d'opinion, y inclus la liberté de la presse, ainsi que par l'impunité qui continue de couvrir certains crimes commis contre des journalistes. Les partis politiques étant l'expression de la libre organisation démocratique des citoyens, comment ne pas réprouver les attaques contre les sièges de partis politiques sans intervention efficace


---------- L'Ambassadeur des États-Unis à Port-au-Prince, Brian Dean Curran, a visité les locaux de la Convergence Démocratique, incendiés par des militants lavalas dans la journée du lundi 17 décembre 2001. L'Ambassadeur a qualifié «d’inacceptables» ces violences et «d'intolérable» la passivité de la Police Nationale d'Haïti. «Que des membres d'Organisations Populaire (OP) Lavalas s'attaquent aux locaux de l'opposition en présence d'agents de la PNH en toute quiétude, c'est un comportement irresponsable et c'est très grave». (19 déc 2001)


---------- Dès l'après-midi du 17, le sénateur Ruben Berrios Martinez, Président du PIP et Président d' honneur de l'Internationale Socialiste, diffusait le communiqué suivant :
Comunicado urgente :

N.B. À l'heure où le communiqué fut rédigé, la destruction de la maison de Victor et Jessie Benoit et du Cresfed n'avait pu encore été confirmée.


Communiqué (URGENT) du Sénateur Ruben Berrios Martinez, Président du PIP, et Président d' Honneur de l'Internationale Socialiste, dans l'après-midi du 17 décembre 2001.


COMMUNIQUÉ: En ce 17 décembre 2001, en représailles pour une apparente tentative de coup d'État en Haïti, survenue la nuit dernière au Palais Présidentiel de Port-au-Prince, s'est déclenchée, dans tout le pays, contre les responsables politiques de l'opposition et les journalistes indépendants, une persécution féroce qui menace de se transformer en un véritable bain de sang.
Des groupes armés, en présence de la Police nationale, ont brûlé les locaux de la Convergence Démocratique et du KONAKOM, à Port-au-Prince et dans d'autres villes. La résidence de Gérard Pierre-Charles, un des responsables politiques de l'opposition, personnalité bien connue et respectée, a été incendiée. Dans la Convergence Démocratique se trouvent les partis démocratiques affiliés à l'Internationale Socialiste.
Je lance un appel urgent au Président Aristide pour qu'il garantisse la sécurité des leaders de la Convergence ainsi que des locaux des partis, des journalistes et radios indépendantes qui ont dû cesser leurs programmes de nouvelles.
J'en appelle aussi à la communauté internationale pour qu'elle transmette au gouvernement haïtien ses expressions de préoccupation et d'alarme devant les événements qui se déroulent dans ce pays frère soumis déjà à tant de tribulations.
Ruben Berrios Martinez


---------- M. Richard BOUCHER, porte-parole du Département d'État des États-Unis «Nous avons condamné l'attaque du Palais et aussi la violence qui s'est déclarée dans les rues. Nous avons clairement fait savoir que les attaques armées, particulièrement contre les sièges des partis politiques sont des faits inquiétants. Nous nous attendons donc à ce que le gouvernement haïtien identifie les assaillants du palais et aussi ceux qui ont incité à la violence des rues. Nous nous attendons à ce que tous les efforts pour les amener devant une cour de justice, soient effectués en conformité avec ce que prévoit la loi.»(Washington 19 décembre 2001)


---------- L'Ambassadeur Dominicain, ALBERTO DESPRADEL CABRAL, a fait une déclaration niant toute implication de son pays dans l'attaque opérée lundi, contre le Palais national "Nous n'avons pas de problème avec la légitimité du gouvernement du Président Aristide…" (17 déc 2001)


---------- Le Gouvernement Français, a protesté énergiquement contre la mise à sac de l'Institut Français, au mépris des conventions internationales. (18 déc 2001)
La population, dans sa très grande majorité, a répudié les actes de violence tels que perpétrés par des groupes armés, au cours de la journée du 17 décembre et fait montre d'un scepticisme, très souvent goguenard, concernant le coup d’État dénommé coup de théâtre. On retrouve l'expression de ce sentiment dans les anecdotes, chansons pré carnaval, et même dans la diaspora qui envoie la version bande-dessinée des évènements.

Les pertes en vies humaines


Le 21 décembre, un récit détaillé des évènements, de huit pages, diffusé sur le site internet de la présidence, décrit l'entrée des assaillants dans le Palais et la poursuite effectuée par un hélicoptère de leurs véhicules jusqu'à une grotte du Morne à Cabrits. Ce récit est aussi diffusé en anglais dans une traduction signée Michèle Karshan.
Ce récit conclut que l'attaque, opérée par vingt-cinq (25) hommes avait fait huit morts, dont cinq (5) chez les assaillants, un (1) au Palais et quatre (4) à Thomazeau.
«Quelques jours plus tard, la population de Thomazeau appréhenda quatre hommes dans cette localité et les tua à cause des blessures par balles qu'ils portaient sur leur corps». Aucune victime n'est identifiée.
À partir des informations recueillies dans les medias et autres témoignages, l'assaillant tué au Palais National qui avait d'abord été identifié comme "Perez", serait en fait un nommé "Chavre Milôt". Les deux policiers assassinés seraient: Théagène François et Raymond Jean-Eustache, tous les deux attachés au Commissariat de Port-au-Prince.
Les évènements de Thomazeau, auxquels il faut ajouter ce qui se serait produit à La Croix-des-Bouquets et Ganthier, se soldent par un bilan qui compte cinq (5) bléssés : Guy Astrel JEAN, Jean Roma Brevil, Wesly Cineus, Hermann Renauld, Frantceau Lahens et cinq (5) morts : Auxilia Etienne, Elinel Etinel, Delinois Augusme, Altiné Marius et Altanas Cineus.

 

Résolution du Conseil permanent de l'OEA (CP/RES. 806 (1303/02) en date du 13 janvier 2002 (Original : anglais)


La situation en Haïti :
Le Conseil Permanent de l’Organisation des États Américains, profondément préoccupé par les actes de violence qui se sont produits en Haïti, notamment les événements du 28 juillet et du 17 décembre 2001, ainsi que par la situation politique, économique et sociale en voie de détérioration dans ce pays;
A décidé :
4. D'appeler le Gouvernement d'Haïti à poursuivre avec diligence ses efforts visant à rétablir un climat de sécurité propre à créer les conditions nécessaires à la reprise de négociations patronnées par l'OEA, à savoir:
a. la réalisation d'une enquête approfondie, indépendante sur les évènements liés au 17 décembre 2001 et des jours suivants;
b. la poursuite de toute personne et le licenciement, le cas échéant, de tout individu dont la complicité aura été établie dans les actes de violences perpétrés le 17 décembre 2001 et les jours suivants;
c. la réalisation d'une enquête approfondie sur tous les crimes politiquement motivés;
d. des réparations aux organisations et individus qui ont subi des dommages comme résultat direct des actes de violence du 17 décembre 2001."
En conclusion:

- qu’il s'agisse des jugements à porter sur les actes de ceux qui ont fait les événements du 17 décembre,
- qu'il s'agisse encore des procédures appliquées ou applicables concernant la sécurité des biens, des familles, de la cité,
- qu`il s`agisse même de l`identité des acteurs en scène et de leurs motivations, ou des récits offerts à différents moments et à différents niveaux, ou finalement, des sanctions à appliquer,
la journée du 17 décembre 2002 a suscité une somme de questions.


Presse haïtienne exil volontaire, assassinats et persécutions alarmantes


(Rapport de la Fédération de la Presse Haïtienne)


Après avoir observé un mois de deuil à la mémoire du journaliste Brignol Lindor, qui s`est manifesté par des messes d`actions de grâces en Haïti dans toutes les villes du pays, suivies par un silence calculé et une absence systématique à toutes les cérémonies officielles, les Associations de presse du Nord, du Nord-Est, du Nord-Ouest, de l'Artibonite, du Centre, de l`Ouest, du Sud, du Sud-Est et de la Grand`Anse ont décidé sur la demande de l`Association des Journalistes de Petit-Goâve, de lever la consigne de deuil ce jeudi 17 janvier 2002.
Les portes des Associations seront rouvertes à partir de cette semaine et les drapeaux de deuil enlevés. La Fédération de la presse Haïtienne profite de l`occasion pour rappeler qu`elle reste encore préoccupée par l`absence de mesures légales devant permettre d`arrêter et de punir les auteurs de l`assassinat du journaliste Brignol Lindor et faire cesser les persécutions sur la presse. Plusieurs Associations de Presse ont en ce sens adressé des lettres ouvertes au Président de la République, Monsieur Jean-Bertrand Aristide. (dont le Port-au-Prince Presse Club dirigé par Chériza Robens ou l`Ordre des journalistes du Nord dirigé par Jean
Étienne).
Dans ces Correspondances, les Secrétaires généraux des organisations de presse ont souhaité, d`un commun accord, que le chef de l`
État passe des ordres formels aux autorités concernées de son gouvernement en vue de freiner ces attaques systématiques contre la presse. Les Secrétaires Généraux des Associations de presse en mettant fin aujourd'hui à la période de deuil consacrée à la mémoire du journaliste Brignol Lindor insistent encore sur plusieurs dizaines de cas de journalistes en proie à des difficultés. La Fédération de la Presse Haïtienne a recensé plus de 40 cas des plus alarmants qu`elle estime important de signaler à l`attention des autorités concernées du secteur public et de la société civile pour que cette pénible situation cesse sans délai.
NOMS                   AFFILIATION             STATUT                     R
ÉGION
BRIGNOL Lindor     Radio Echo 2000    Assassiné                 Petit- Goâve
ARTUS Webert       Radio Caraïbes        En exil                      Port-au-Prince
CARLO St. Ristil     Radio Caraïbes        En exil                      Port-au-Prince
GASTON Janvier     Radio Galaxie          En exil                      Port-au-Prince
DESCOLINES Abel  Radio Galaxie          En exil                       Port-au-Prince
BEAUPLAN Dominique Radio Ibo          En exil                       Port-au-Prince
JOSEPH DUC Jonathan Radio Métropole En exil                      Gonaïves
DIMANCHE Teschler   Radio Métropole    En exil                    Mirebalais
MAYARD Jean-Marie   Radio Métropole  En exil                     St. Marc
LÉONARD Rose Franceline   Radio Métropole En exil              Cayes
BELIZAIRE Gary          Radio Signal FM      En exil                   Port-au-Prince
ALEXIS Yves Clausel    Radio Vision 2000 En exil                   Port-au-Prince
COLAS ALEXIS Gina Epouse de Yves C. Alexis  En exil            Cayes
DUVERNE Pharès Radio Vision 2000         En exil                  Port-au-Prince
DUVERNE Joseph Epouse de Phares      En exil                     Port-au-Prince
DUVERNE Soraja Fille de Phares       En exil                      Port-au-Prince
DUVERNE Pharès Jr. Fils de Pharès   En exil                Port-au-Prince
PHILOME Robert Radio Vision 2000  En exil              Port-au-Prince
PHILOME Darling Robert (enceinte de 7 mois)
Epouse de Philome En exil Port-au-Prince
MIDI Pierre Richard Radio Vision 2000 En exil        Port-au-Prince
JN BAPTISTE Marc Sony Radio Vision 2000 En exil   Port-au-Prince
NECKER Grégoire Radio Belle-Anse En exil               Port-au-Prince
PIERRE NAZON Beauliére Radio Express En exil           Port-au-Prince
BELIZAIRE Tony Photographe    Sous les menaces           Port-au-Prince
THOMAS Pierre Richard C.P.C    Sous les menaces     Port-au-Prince
OCEAN Ernst Vision 2000          Sous les menaces Port-au-Prince
JEAN JOSEPH Rémy Radio Ibo Sous les menaces Mirebalais
CHARITE André Radio Eben Ezer Sous les menaces Mirebalais
ZACHARIE Nazaire Radio Metropole Sud Sous les menaces Cayes
MOLEUS Jean Elie Radio Caraïbes Sous les menaces Port-au-Prince
REED Cosogu Radio Caraïbes Sous les menaces Port-au-Prince
TREZIL Jean Samuel Radio Caraïbes Sous les menaces Port-au-Prince
JOSEPH Guyler C. Delva HNN Sous les menaces Port-au-Prince
ISRAEL Jacky Cantave Radio Caraïbes Sous les menaces Port-au-Prince
JEAN FRANCOIS Rodlin Radio Caraïbes Sous les menaces Port-au-Prince
ULRICK Justin Radio Vision 2000 Sous les menaces Petit-Goâve
SINCERE Montigène V.O.A Sous les menaces Petit-Goâve
ELYSÉE Sincère RadioHaïti Focus Sous les menaces Petit-Goâve
DÉRIVAL Claudy Radio Iphata Sous les menaces Jacmel
DESRUISSEAUX Joseph Nico Radio Thiotte Sous les menaces Thiotte
FRANTSON Raphael Radio Belle-Anse Sous les menaces Belle-Anse
WILSON Dorvil Radio Ibo Sous les menaces Port-au-Prince
NOEL Jean-Claude Radio Gonaïves Sous les menaces Gonaïves
CHERY Patrick Radio Signal FM Sous les menaces Port-au-Prince
ANTOINE Marc Adolphe Radio Tête-à-tête Sous les menaces St. Marc
GUILLOUS Jn-Marc Antoine Radio Tèt Ansanm Sous les menaces Jérémie
MATHIEU Prud`Homme Haïti Presse Blessé à coups de feu Port-au-Prince
CASIMIR Rénold Radio Univ. Plus Sauvagement Battu Port-de-Paix

En attendant que cessent les menaces et qu'une commission d'Enquête Indépendante soit instituée pour faire la lumière sur le guet-apens qui a coûté la vie au journaliste Brignol Lindor, la Fédération de la Presse Haïtienne s'en réfère aux autorités afin que des mesures d'apaisement soient adoptées, immédiatement à travers tout le pays pour le bien de la nation.

Signatures:
Ouest : Adyjeangardy, Président - Michelène Hilaire, Secrétaire Général de l’Association des Journalistes de Petit-Goâve; Cherizard Robens, Coordonateur de Port-au-Prince Presse Club; Evans Duval Cadet, Secrétaire Général de l`Association des Journalistes de Sante; Maryse Blathazard, Amicale des Femmes Journalistes.
Nord-Est : David Michel, Secrétaire Général de l'Association des Journalistes du Nord Est, Secrétaire Général de la Fédération et Jocelyn St. Hilaire Coordinateur du Centre de Presse de Trou du Nord.

Nord-Ouest : Emmerlin Saintil, Secrétaire Général de l'Association des médias du Nord Ouest; Raymond Aristide, Secrétaire Général de l'Association des Journalistes du Nord Ouest.
Nord : Jean Etienne, Secrétaire Général de l'Ordre des Journalistes du Nord; Frank Joue de la Société des Journalistes du Nord;William Benard, Yves Martin Jasmin Société Capoise de Presse.
Artibonite : Justin Altidor Secrétaire Général Association des Journalistes du Haut-Artibonite, René Josué, Adolphe Marc Antoine,Association des Médias de l~Artibonite, et Augustin Frantz Secrétaire Général Association des Journalistes du Bas Artibonite.
Centre : Procède Wilcède Secrétaire Général Union des Journalistes du Haut Plateau Central; Vaudré Val, Moléon Richard, Assistants
Sud-Est : Jacques Philippe Jovin Secrétaire Général de l`Association des Journalistes du Sud`Est; Renan Toussaint Secrétaire Général de l`Association des journalistesde Anse à Pitre, Francky Depestre, Jean Lesly Ambroise, Association des Médias du Sud-Est.
Sud: Ernst Eliscasr, Secrétaire Général de l`Association de Solidarité des Journalistes du Sud et Roody Balan, Secrétaire Général de l`Association des Médias du Sud.
Grand-Anse :Luckner Laguerre Secrétaire Général de l`Association du Comité de presse de la Grand-Anse.

 

Il y a encore bien d’autres ouragans "Lavalas".

 

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