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 Haiti-Refondation.org

Cyberattaques : Le président des États-Unis accuse Poutine et annonce des représailles contre la Russie

6 Novembre 2016, 13:24pm

Publié par haiti-refondation-org

Cyberattaques : Le président des États-Unis accuse Poutine et annonce des représailles contre la Russie

Le président des États-Unis Barack Obama, à la tête du pays jusqu'à l'investiture de Donald Trump le 20 janvier prochain, a promis des représailles «explicites et publiques», tout en ajoutant que «d'autres ne le seront peut-être pas».

Par ZACH GIBSON

Quelques jours après la fuite d'un rapport de la CIA accusant la Russie d'avoir interféré dans l'élection présidentielle américaine, la Maison Blanche met en cause Vladimir Poutine à son tour et annonce une riposte.

Les relations entre les États-Unis et la Russie se refroidissent encore. Du moins jusqu'à l'investiture de Donald Trump le 20 janvier. Jeudi, la Maison Blanche a mis nommément en cause le président russe Vladimir Poutine dans les piratages informatiques ayant perturbé l'élection présidentielle, quelques jours après la publication d'un rapport de la CIA pointant la responsabilité de la Russie.

Nous allons réagir

Ce qui est certain, c'est que l'administration Obama, qui a promis il y a plusieurs semaines déjà de répondre à la Russie, ne restera pas sans réagir, comme l'a déjà annoncé le président Obama dans un entretien à la radio NPR diffusé ce vendredi. Dans des extraits rendus publics dès jeudi soir, il déclare ainsi : «Il est clair que, si un gouvernement étranger, quel qu'il soit, tente d'entacher l'intégrité de nos élections, alors nous devons agir», a plaidé Obama. «Et nous le ferons, au moment et où nous le déciderons», a-t-il lâché, soulignant que «certaines (de ces représailles) seront explicites et publiques, d'autres ne le seront peut-être pas».

Si Barack Obama n'accuse pas (encore) nommément son homologue russe, un de ses proches conseillers n'hésitait pas à franchir le pas jeudi : «Je ne pense pas que des événements aux ramifications aussi importantes se produisent dans le gouvernement russe sans que Vladimir Poutine ne soit au courant», a ainsi affirmé Ben Rhodes sur la chaîne MSNBC. «En dernier ressort, Vladimir Poutine est responsable des actions du gouvernement russe.»

«Pourquoi la Maison Blanche a-t-elle attendu si longtemps ?»

Donald Trump a de nouveau insinué jeudi que la Maison Blanche avait des intentions partisanes en accusant la Russie de Vladimir Poutine d'être à l'origine des piratages informatiques contre sa rivale démocrate. «Si la Russie, ou toute autre entité, faisait du piratage, pourquoi la Maison Blanche a-t-elle attendu si longtemps pour agir ? Pourquoi ne se sont-ils plaints qu'après la défaite d'Hillary ?», a-t-il écrit sur Twitter.

If Russia, or some other entity, was hacking, why did the White House wait so long to act? Why did they only complain after Hillary lost?

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 15 décembre 2016

«C'était un mois avant l'élection, cela n'avait rien d'un secret», a pourtant martelé il y a quelques jours Barack Obama dans une interview, en rappelant que ses services avaient publiquement pointé du doigt Moscou le 7 octobre, soit un mois avant le scrutin du 8 novembre.

«Pourquoi Trump couvre-t-il les Russes ?»

En Russie, «il n'y a qu'un décideur, c'est Poutine», a renchéri l'élu démocrate Adam Schiff, membre de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants. Et le démocrate de s'interroger à son tour, dans un tweet : «Puisque la Russie a piraté et que les renseignements l'ont démontré, pourquoi Trump ne l'a-t-il pas condamné mais toléré ? Pourquoi Trump couvre-t-il les Russes? »

Since Russia did hack and DNI said so, why did @realDonaldTrump not condemn, but condone? Why does Trump still give Russians cover? https://t.co/SVjbd7BvV0

— Adam Schiff (@RepAdamSchiff)

— Adam Schiff (@RepAdamSchiff) 15 décembre 2016

Donald Trump apparaît de plus en plus isolé dans son insistance à épargner Vladimir Poutine, un homme dont il a souvent loué les qualités de leader et avec qui il croit possible de réchauffer les relations, alors que la Russie subit aujourd'hui des sanctions économiques imposées après l'annexion de la Crimée. Le chef d'Etat russe a de son côté salué le prochain président des États-Unis, assurant qu'il sera «à la hauteur» de sa fonction.

Il est surtout rarissime que les conclusions des services de renseignements américains, de la CIA au FBI, soient ainsi rejetées par un futur commandant en chef. Il va ainsi à l'encontre de son propre parti, la fibre anti-russe chez les conservateurs américains étant plus vivace que jamais.

Plusieurs enquêtes parlementaires à venir

Les républicains du Congrès vont d'ailleurs lancer plusieurs enquêtes parlementaires sur le rôle de la Russie dans la campagne américaine. Pour l'ancien patron de la CIA Michael Hayden, Donald Trump est «la seule personnalité américaine à ne pas encore avoir concédé que les Russes ont lancé une grande campagne clandestine d'influence contre les États-Unis».

Début octobre, l'administration Obama avait accusé la Russie d'avoir conduit des opérations de piratages contre des organisations politiques américaines - en fait, le parti démocrate et l'équipe d'Hillary Clinton - afin d'interférer dans le processus électoral américain. Dès cette date, la direction du renseignement américain (ODNI) avait estimé que «seuls des hauts responsables russes» avaient pu autoriser ces activités. Puis, après l'élection, un rapport de la CIA a fuité dans la presse, accusant cette fois directement le pouvoir russe d'avoir délibérément tenté de faire élire Donald Trump contre Hillary Clinton.

La Russie dénonce des «absurdités»

«Qui à la CIA ?» s'est emporté un parlementaire républicain allié à Donald Trump, Peter King, en visite à la Trump Tower de New York. «Tous les services de renseignement qui nous ont parlé jusqu'à présent ont dit qu'ils ne savaient pas quel était le but, au-delà de la perturbation de l'élection et de créer le doute chez les Américains». Des dizaines de milliers de messages de responsables démocrates et du président de l'équipe de campagne d'Hillary Clinton, John Podesta, ont été dérobés puis mis en ligne en 2016, notamment dans le dernier mois avant le scrutin, jetant une lumière crue sur les délibérations internes du camp Clinton et brouillant le message de la candidate.

Dans l'entourage de Donald Trump, on assumait vouloir un nouveau départ avec les Russes. «Si on peut travailler avec eux sur des projets importants et nécessaires, tels que vaincre le terrorisme islamique radical ou stopper l'État islamique, et si la Russie peut se joindre aux États-Unis à cette occasion, nous les écouterons», a expliqué sur MSNBC Kellyanne Conway, conseillère du président élu. Moscou a rejeté avec virulence les accusations visant Vladimir Poutine, un porte-parole évoquant des «absurdités».

Avec AFP

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