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 Haiti-Refondation.org

Spécial Élections 2016 : Ça sent le soufre et les pneus enflammés. Un seul mot d’ordre : Déchoucage et légitime défense selon l’ex-président Aristide

20 Novembre 2016, 06:55am

Publié par haiti-refondation-org

Haïti : deux partis revendiquent la victoire à l’élection présidentielle

LE MONDE | 22.11.2016

Des bulletins de vote sont comptés dans un bureau de Port-au-Prince, le 21 novembre. HECTOR RETAMAL / AFP

Des bulletins de vote sont comptés dans un bureau de Port-au-Prince, le 21 novembre. HECTOR RETAMAL / AFP

par Jean-Michel CAROIT

La tension est montée en Haïti dans l’attente des résultats des élections présidentielle et législatives, qui se sont déroulées dimanche 20 novembre dans le calme et sans incident majeur. Léopold Berlanger, le président du conseil électoral provisoire (CEP), a annoncé que les résultats seraient rendus publics dans un délai de huit jours après le scrutin. Selon la loi haïtienne, seul le CEP est habilité à publier les résultats.

Mais dès lundi, le Parti haïtien Tèt Kale (PHTK), fondé par l’ancien président Michel Martelly, a proclamé la victoire de son candidat, Jovenel Moïse. « Jovenel Moïse est le président élu d’Haïti, le pays le sait, le monde entier le sait, ce n’est pas un mystère », a affirmé Rudy Hérivaux, porte-parole du PHTK, lors d’une conférence de presse.

Cette annonce a provoqué la colère de plusieurs centaines de partisans de Maryse Narcisse, la candidate de la Fanmi Lavalas, le parti de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide. Aux cris de

« Maryse présidente » et « Non au coup d’État électoral », ils se sont rassemblés devant l’église Saint-Jean Bosco, où le père Aristide officiait dans les années 1980 avant de se diriger vers le siège de la présidence, et où aujourd’hui la foule venue des quartiers les plus pauvres a été dispersée à coups de gaz lacrymogènes et de tirs en l’air.

Une abstention d’environ 78 %

Plusieurs des 27 candidats à la présidence, dont Jean-Henry Céant et le journaliste Clarens Renois, ont reconnu leurs défaites. Selon les observateurs nationaux et internationaux, les opérations de vote se sont déroulées dans des conditions satisfaisantes. Beaucoup mieux que le scrutin du 25 octobre 2015, qui avait été annulé à la suite du rapport d’une commission d’enquête faisant état de « fraudes massives ».

Épuisée par une crise qui n’a cessé de s’aggraver et découragée par un processus démocratique chaotique et sans résultats concrets, la population a largement boudé les urnes. Selon la coalition d’observation électorale, formée par six organisations de la société civile, la participation n’a été que de 21,69 %.

L’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie (OCID), un autre consortium de la société civile financé par l’agence de coopération des États-Unis, l’Usaid, a calculé un taux de participation de 23,3 %. Contrairement à ce qu’on pouvait craindre, la participation a été supérieure dans les régions du Sud dévastées par l’ouragan Matthew, il y a un mois et demi. Selon l’OCID, elle y a atteint 25,9 % contre 22,5 % pour le reste du pays.

Dirigée par l’ancien sénateur uruguayen Raul Ferreira, la mission d’observation de l’Organisation des Etats américains, forte de 130 observateurs, a salué les améliorations apportées aux opérations de vote, mais s’est inquiétée du faible taux de participation.

Bénéficiant de l’appui de la plupart des riches familles de l’oligarchie haïtienne et du soutien discret d’entreprises de la République dominicaine voisine, Jovenel Moïse a disposé de moyens financiers beaucoup plus importants que ses compétiteurs. Selon l’OCID, le PHTK avait des représentants dans 71,6 % des bureaux de vote le jour du scrutin.

La Fanmi Lavalas était présente dans 54,4 % des bureaux, le Pitit Dessalines, le parti de l’ancien sénateur Jean-Charles Moïse, dans 39,9 %, et le Lapeh, du candidat Jude Célestin, dans 39,1 %. Le déséquilibre des moyens financiers au bénéfice du PHTK est également manifeste sur les panneaux d’affichage et dans la bataille qui fait rage notamment sur les réseaux sociaux.

Une deuxième journée de tensions

Mardi, plusieurs dizaines de manifestants soutenant Maryse Narcisse, sont descendus dans les rues de la capitale, Port-au-Prince, avant d’être dispersés par la police faisant usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. « Maryse Narcisse : révolution ! », appelait un manifestant dans le quartier Delmas 18.

Des manifestants ont marché dans les rues de Port-au-Prince mardi pour que la victoire de Maryse Narcisse soit reconnue. HECTOR RETAMAL - AFP
Des manifestants ont marché dans les rues de Port-au-Prince mardi pour que la victoire de Maryse Narcisse soit reconnue. HECTOR RETAMAL - AFP

Des manifestants ont marché dans les rues de Port-au-Prince mardi pour que la victoire de Maryse Narcisse soit reconnue. HECTOR RETAMAL - AFP

Dans le quartier de Saint Martin, la rue principale a été dégagée mais un feu continuait à brûler au milieu de la rue. Des habitants postés le long de cet axe lançaient de temps en temps des pierres sur les voitures qui passaient. Le Fanmi Lavalas a demandé à ce que les manifestations se poursuivent. Il avait la veille évoqué un « coup d’État électoral ».

Le code électoral interdit la prévision des résultats avant leur proclamation officielle, ainsi que les manifestations en faveur des candidats et des partis politiques.

Jean-Michel CAROIT

Journaliste au Monde

http://www.lemonde.fr/international

ARISTIDE SE PAPA-N, SE SÈL MÈT PEYI-A CLAMENT SES PARTISANS DANS LES MANIFESTATIONS

Poursuite des manifestations de Fanmi Lavalas, malgré une mise en garde légale et institutionnelle

Des partisans du parti politique Fanmi Lavalas ont regagné, une nouvelle fois, ce mardi 22 novembre 2016, les rues de Port-au-Prince, en dépit de l’interdiction de toute manifestation (avant la publication des résultats officiels) par le décret électoral de 2015 et d’une mise en garde, lancée par le gouvernement provisoire haïtien.

Ayant démarré devant les ruines de l’église (catholique romaine) Saint-Jean Bosco (au centre-ville de Port-au-Prince), la manifestation de Fanmi Lavalas entendait dénoncer, de nouveau, ce que ce parti politique appelle un « coup d’Etat électoral », alors que les résultats préliminaires officiels des élections du 20 novembre 2016 ne sont pas encore rendus publics.

« Ce coup d’État ne passera pas dans le pays. Nous n’allons pas obéir. Nous ne mangerons pas la "banane" [assimilée au candidat à la présidence du Parti haïtien tèt kale (Phtk), Jovenel Moise]. S’ils (les agents de la Police nationale d’Haïti / Pnh) tirent sur nous, nous mettrons le feu », sont parmi les slogans violents, scandés par les manifestants.

Des tirs nourris, dans le quartier populaire dénommé Solino, ainsi que des pneus usagés enflammés, à Delmas 2, ont été signalés.

La Police nationale d’Haïti (PNH) a mis fin à la mobilisation des partisans de Fanmi lavalas, en lançant des gaz lacrymogènes sur les manifestants, qui tentaient de se regrouper dans les parages de la zone dénommée « Bel Air » (à Port-au-Prince).

Plusieurs sympathisants de la candidate à la présidence, sous la bannière de Fanmi Lavalas, Maryse Narcisse, avaient gagné les rues de Port-au-Prince, le lundi 21 novembre 2016, pour manifester contre les instances électorales.

Le dimanche 6 novembre 2016, lors d’un meeting politique à Cité Soleil (grande municipalité populaire au nord de la capitale), le représentant national de Fanmi Lavalas, l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, avait appelé les partisans du parti au « dechoukaj électoral » et à la « légitime défense » (une forme d’appels voilés à la violence), au cas où la candidate à la présidence, Maryse Narcisse, ne remporterait pas la présidentielle du dimanche 20 novembre 2016.

Le parti politique Fanmi lavalas continue régulièrement, dans ses discours et à travers ses organes de diffusion, de s’en prendre à la presse nationale, qu’il accuse de tronquer des extraits des déclarations, faites, par Aristide, le 6 novembre 2016, au village « la renaissance » à Cité Soleil.

Fanmi lavalas, qui joue « toujours à la victimisation », prétend toujours, dans ses prises de position publiques, représenter la majorité de la population en Haïti.

Le gouvernement haïtien a exhorté la Police nationale d’Haïti (Pnh) à poursuivre toutes celles et tous ceux qui font éloge de la violence, notamment à travers de fausses alertes, au lendemain de la journée électorale du 20 novembre 2016, dans un communiqué en date du lundi 21 novembre 2016.

Tout contrevenant aux dispositions du décret électoral, sur les manifestations et autres activités similaires, susceptibles de troubler l’ordre public, doit être aussi poursuivi, a-t-il exigé.

http://www.alterpresse.org

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU CONSEIL ÉLECTORAL PROVISOIRE

Spécial Élections 2016 :  Ça sent le soufre et les pneus enflammés. Un seul mot d’ordre : Déchoucage et légitime défense selon l’ex-président Aristide
Spécial Élections 2016 :  Ça sent le soufre et les pneus enflammés. Un seul mot d’ordre : Déchoucage et légitime défense selon l’ex-président Aristide

Pétion-ville,   le 22 novembre   2016

 

COMMUNIQUE DE PRESSE#   17

 

LE DÉCRET ÉLECTORAL INTERDIT TOUTE AUTO PROCLAMATION DE VICTOIRE ET DE MANIFESTATION EN FAVEUR D'UN CANDIDAT OU D'UN PARTI POLITIQUE

 

Le  Conseil  Électoral   Provisoire,   pour  préserver   la  sérénité   qui  a  marqué   le  déroulement   du scrutin   du  20  novembre   2016,    rappelle   à  la  population    en  général,   à  la  presse,  aux  partis, groupements  politiques  et candidats  en particulier,    les dispositions   des articles  123,   197, 197 .1    et 226 du Décret électoral  en vigueur.

Il  est  catégoriquement   interdit   à  tout   candidat    ou  parti  de  s'autoproclamer    vainqueur   de l'élection   avant  la publication   officielle  des résultats   par le CEP.   De même,  toute  manifestation publique   en faveur  d'un  ou de plusieurs   candidats,  d'un  ou  de plusieurs  partis  ou groupements politiques,    demeure  prohibée   à  partir  du jour  du  scrutin  jusqu'à   la  proclamation    officielle  des résultats,   ce, conformément   à l'article   123  dudit Décret.

Le CEP  appelle  la  population   au calme  et l'invite    à ne pas  répondre  aux provocations   ni der aux incitations  à la violence.

Spécial Élections 2016 :  Ça sent le soufre et les pneus enflammés. Un seul mot d’ordre : Déchoucage et légitime défense selon l’ex-président Aristide

LILIANE PIERRE PAUL RÉPOND AUX MENACES DE MORT PROFÉRÉES CONTRE ELLE ET D’AUTRES JOURNALISTES DE RADIO KISKEYA PAR L’ORGANE DU PARTI LAVALAS RADIO TIMOUN

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE

ET DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE

Spécial Élections 2016 :  Ça sent le soufre et les pneus enflammés. Un seul mot d’ordre : Déchoucage et légitime défense selon l’ex-président Aristide

MINISTÈRE DE LA JUSTICE

ET DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE

NOTE  DE PRESSE

Le ministère de la justice condamne fermement les menaces et intimidations

Le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique   condamne avec force toutes les menaces et les actes d'intimidation   enregistrés depuis les dernières  quarante huit (48) heures .

Soucieux de préserver la paix publique et garant de la  sécurides vies   et des biens,  il  invite  les  candidats  et  leurs partisans  à garder  leur  calme  et à ne  pas enfreindre  les  prescriptions  du  décret  électoral  qui  interdit   toute  manifestation pendant la période précédant  la proclamation  des sultats  du scrutin par le Conseil Electoral  Provisoire  (CEP),  seul organisme compétent à la matière.

Le Minisre  de la Justice et de la Sécurité Publique  compte donc sur le bon sens civique   de  tous  les  citoyens   et  les  exhorte   à  avoir  le  même  comportement patriotique dont ils  avaient  fait preuve durant la journée  du 20 novembre dernier.

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