Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
 Haiti-Refondation.org

Il n’y a pas seulement qu’en Haïti : À Paris aussi, on meurt du réchauffement climatique

26 Août 2016, 09:03am

Publié par haiti-refondation-org

Il n’y a pas seulement qu’en Haïti : À Paris aussi, on meurt du réchauffement climatiqueIl n’y a pas seulement qu’en Haïti : À Paris aussi, on meurt du réchauffement climatique

par Jean-Paul Fritz

 

Lors de la canicule de 2003, 70% des décès dans la capitale française (soit 500 morts) étaient dus au réchauffement climatique d'origine humaine, d'après une étude anglo-américaine.

250.000 morts de plus par an. Un chiffre tragique nous attend à partir de 2030, comme conséquence du changement climatique. Ce chiffre avancé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) peut nous sembler abstrait, aussi lointain que ces îles qui sombrent sous les eaux et commencent à générer leur lot de réfugiés.

Ce chiffre pourrait être bien inférieur à la réalité. Le Global Humanitarian Forum de l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, sorti en 2009, évoquait pour sa part le double de décès annuels à partir de 2030. Un demi-million de personnes. Et ce même rapport chiffrait le nombre de morts causés par les catastrophes naturelles et dégradations graduelles de l'environnement à 315.000 par an déjà aujourd'hui.

Là encore, cela peut sembler lointain. On pourrait croire naïvement que cela va s'arrêter, que les décisions de la COP21 et autres accords internationaux à venir vont enrayer la machine. Que cela ne va pas nous toucher nous, en Europe, en France. C'est pourtant déjà le cas.

Selon une étude anglo-américaine dirigée par Daniel Mitchell, spécialiste du changement climatique à l'université d'Oxford, la canicule de 2003 aurait en effet été grandement amplifiée par le changement climatique. Suffisamment pour lui attribuer une proportion notable des décès causés par celle-ci.

Été 2003 : 70.000 morts en Europe

Elle date seulement de treize ans, mais elle semble déjà ancienne. En cette période où une vague de chaleur pourtant sans commune mesure avec celle de 2003 nous frappe, comment ne pas penser à cet épisode où la météo est devenue meurtrière ? En 2003, selon l'INSERM, ce sont 70.000 personnes qui ont perdu la vie en Europe à cause des chaleurs torrides.

Bien sûr, on évoque un événement d'exception au bilan très lourd, mais dans un contexte global de changement climatique, une telle canicule pourrait fort bien se reproduire de manière régulière.

Une étude du Met Office britannique parue fin 2014 nous mettait déjà en garde : "Les canicules sévères pourraient devenir communes d'ici les années 2040." Et d'ici la fin du siècle, l'été 2003 pourrait être considéré comme un "événement extrêmement froid".

70% à Paris, 20% à Londres

Dans ce contexte, l'étude dirigée par Daniel Mitchell nous apporte un point de vue important : la proximité. L'abstraction des chiffres européens et mondiaux devient palpable, résultat logique de la loi de proximité. 500 morts à Paris, on connaît peut-être l'un d'entre eux.

"Des études précédentes ont attribué cet événement météorologique à l'influence humaine sur le climat, ou examiné l'influence des canicules sur la santé humaine. Ici, pour la première fois, nous quantifions explicitement le rôle de l'activité humaine sur la mortalité relative au climat et à la chaleur", affirment les chercheurs. L'analyse, qui fait donc la part des choses entre une canicule "normale" et la part liée au réchauffement climatique, porte à la fois sur l'Europe en général, et plus particulièrement sur deux villes : Paris et Londres (cette dernière ayant été beaucoup moins touchée par la canicule de 2003).

Au travers de milliers de simulations climatiques, les scientifiques ont abouti à une "description statistique de l'événement de 2003 et du rôle de l'influence humaine dans celui-ci". Sur les trois mois de la période (de juin à août), le nombre de morts de la canicule directement attribuables à l'action de l'Homme sur l'environnement serait de 506 à Paris, et de 64 à Londres, ce qui y représente respectivement 70% et 20% des décès liés à la vague de chaleur.

"Londres et Paris ne sont que deux parmi un grand nombre de villes qui ont été impactées par la canicule de 2003, par conséquent la mortalité attribuée au changement climatique d'origine humaine sur l'ensemble de l'Europe est probablement d'un ordre de grandeur plus important", explique l'étude.

Le reflet de l'influence humaine sur le climat

"Il est souvent difficile de comprendre les implications d'une planète plus chaude d'un degré en moyenne par rapport aux niveaux pré-industriels", commente le Dr Daniel Mitchell, "mais nous sommes aujourd'hui au stade où nous pouvons identifier le coût sur notre santé du réchauffement climatique d'origine humaine. Cette recherche montre que dans seulement deux villes, des centaines de morts peuvent être attribuées à des températures beaucoup plus hautes résultant d'un changement climatique induit par les humains".

"Traditionnellement, la recherche climatique a seulement lié les niveaux croissants de gaz à effet de serre à des tendances météorologiques, comme des températures quotidiennes généralement plus hautes. Cependant, lier l'impact de brûler des combustibles fossiles directement à des conséquences sur la santé rend possible une meilleure planification pour se préparer à des changements climatiques futurs", ajoute le Dr Chris Huntingford, co-auteur de l'étude.

Dans un contexte de vague de chaleur, et où chaque mois enregistre un nouveau record par rapport aux précédents, cette analyse ne manque pas d'à-propos.

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences

Commenter cet article