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 Haiti-Refondation.org

L’ANMH JUGE « DANGEREUX » LE REFUS DE TRANSPARENCE DU CEP

8 Décembre 2015, 09:22am

Publié par haiti-refondation-org

Note De Presse

L’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) est hautement préoccupée par l’entêtement et l’aveuglement du Conseil Électoral Provisoire qui, à très court terme, peuvent induire dans le pays, une réalité de polarisation qui infirmera la possibilité de renouvellement des institutions dans la transparence démocratique.

Les dernières élections et la mauvaise gestion par le Conseil Électoral des contestations qui en ont résulté ont sérieusement érodé la confiance du pays quant à l’indépendance du CEP et quant à sa capacité à gérer le processus électoral pour que le vote exprimé lors des derniers comices soit effectivement les résultats validés et publiés.

La décision scandaleuse du Conseil Électoral Provisoire de valider les résultats du premier tour des élections présidentielles après un processus de vérification sollicité par des candidats et qui a mis en évidence une situation de fraude et d’irrégularités qui ont entaché l’ensemble des 78 procès-verbaux pris au hasard, a fini par convaincre l’opinion publique de l’impérieuse obligation de vérification du suffrage exprimé par une commission indépendante réclamée bien avant par différentes entités.

Après un pareil constat, le CEP qui proclame dans tous ses communiqués sa volonté d’organiser "des élections inclusives, transparentes, crédibles et libres", aurait dû être alerté pour prendre la décision d’investiguer un plus grand nombre de procès-verbaux ce qui lui aurait permis de vérifier par lui-même, l’ampleur de la fraude et des irrégularités qui ont entaché les élections. Une telle attitude aurait été plus conforme à la mission que le peuple haïtien a confiée au Conseil Électoral. De telles dispositions de correction auraient pu faire revenir la confiance des acteurs impliqués directement dans les élections, des électeurs, ainsi que de l’opinion publique en général. À défaut de le faire, le Conseil Électoral est seul responsable de la mauvaise perception qui affecte aujourd’hui sa crédibilité et son image.

L’indépendance des institutions démocratiques et des pouvoirs de l’État ne les autorise aucunement à produire des comportements pouvant être considérés comme une situation de rébellion contre la nation. Le CEP, en refusant de faire droit à la demande des candidats et aux recommandations des institutions nationales qui ont observé les élections et qui y ont décelé un ensemble d’anomalies, se trouve en porte-à-faux avec les obligations de transparence des entités publiques et avec le droit de contrôle des citoyens qui en ont fait la délégation de pouvoir.

La Constitution haïtienne établit un régime démocratique sur la base du suffrage universel. Mais, à chaque élection, de grands électeurs étrangers avec la complicité de grands électeurs nationaux se substituent à la libre expression du suffrage du peuple souverain en désignant à sa place nos dirigeants, en violation de la Constitution et du code électoral.

Dans l’actuel processus qui mobilise déjà la rue, le CEP, avec la dernière arrogance, avance tête baissée pour créer un précédent d’une élection présidentielle qui produira un Président de la République par défaut ! Cette posture arrogante et effarante des neuf membres du Conseil Électoral ne peut susciter que plus de rejet et de confrontation dans la République des citoyens. Le CEP est d’ores et déjà responsable d’une aggravation de la polarisation qui pourra s’exprimer par la désobéissance civile, le boycott des élections et in fine, donnera naissance à un Président de la République et à des élus illégitimes et contestés à l’avance.

L’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) croit que toute avancée pour conclure le processus électoral comme le CEP et le pouvoir entendent le faire enfantera des dirigeants mort-nés et représentera du même coup une abondante semence de nouvelles crises que notre pays ne tardera pas à moissonner.

La libre expression du mécontentement de la population fait partie des garanties constitutionnelles qui consolident le processus démocratique. Il est illusoire de prétendre neutraliser ses manifestations par l’utilisation de la répression et en faisant un usage inapproprié de la force publique comme le CEP en a fait l’allusion.

Les élections sont un mécanisme garantissant la participation populaire dans le renouvellement continu des institutions à travers les élus légitimes qui les composent dans une dynamique privilégiant l’alternance démocratique. Une condition indispensable pour qu’il y ait élections dont le concept même induit la compétition, suppose des candidats consentants qui font confiance à l’impartialité de l’organisme électoral, son indépendance éprouvée et la garantie que les résultats du scrutin traduisent
véritablement le vote déposé dans les urnes par l’ensemble des votants en toute autonomie.

À analyser l’attitude du Conseil Électoral Provisoire, les citoyens seraient en droit de se demander pour qui le CEP organise-t-il les élections ? Le Conseil Électoral doit se mettre à l’écoute et doit être attentif aux récriminations des uns et des autres. Un CEP sourd-muet-aveugle est un facteur idéal pour une aggravation de la crise post-électorale qu’il aura lui-même enfantée.

La logique insensée d’une élection sans candidats consentants et sans votants potentiels est contre nature. Il s’agit là d’une démarche stérile, un déconcertant gaspillage de ressources avec la garantie au bout du compte d’une situation d’impasse politique qui ne saurait être profitable ni à ses géniteurs ni à la nation. Si le CEP veut sauver le processus électoral, il lui faut, dans un sursaut de réveil citoyen, se mettre désormais à l’écoute pour se projeter dans l’opinion, s’il n’est pas trop tard, comme une entité finalement responsable pour éviter au pays le spectre d’une catastrophe prévisible que les conseillères et conseillers électoraux semblent être les seuls à ne pas percevoir.

Pour le Conseil :

Hérold Jean-François
Président ANMH.

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