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 Haiti-Refondation.org

LA GRÈCE OBLIGÉE DE CAPITULER

10 Juillet 2015, 11:36am

Publié par haiti-refondation-org

Le premier ministre grec Aléxis Tsípras  et la Directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde
Le premier ministre grec Aléxis Tsípras  et la Directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde

Le premier ministre grec Aléxis Tsípras et la Directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde

Christine Lagarde à la rescousse de Tsípras ?

 

La patronne du FMI plaide pour une restructuration de la dette grecque, qu'elle estime non viable. Mais sans évoquer d'allègement comme Athènes le réclame.

 

Hier, un doigt sur la gachette. Aujourd’hui, une main sur la bouée? Le Fonds monétaire international (FMI), un des principaux créanciers de la Grèce, a pris le contre-pied des Européens en jugeant mercredi soir «nécessaire» une restructuration de la dette grecque que ceux-ci ne veulent pas évoquer pour l’instant. Le Premier ministre grec Alexis Tsípras a jusqu’à ce jeudi minuit pour présenter à ses partenaires européens un nouveau programme de réformes afin de les convaincre de rouvrir les vannes de l’aide financière et de garder le pays dans la zone euro.

Difficile d’imaginer Tsípras et son tout nouveau ministre de l’Economie Euclide Tsakalotos ne pas utiliser les arguments du FMI pour obtenir une réduction de la dette grecque, dont le niveau n’a cessé d’augmenter depuis le début de la crise, pour atteindre 312,6 milliards d’euros (180% du PIB). La Grèce s’est engagée à des réformes des impôts et des retraites «dès la semaine prochaine», a indiqué Tsakalotos jeudi. Sans s’exprimer directement sur ces propositions, Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, a évoqué des «développements importants», tout en insistant sur le caractère aigu d’une crise qui doit être réglée.

Changement de ton

En pleine épreuve de force entre Athènes et ses créanciers, nombre d’observateurs estiment que ce changement de ton de la part du FMI laisse entrevoir un espoir de compromis. L’ambiance serait-elle moins tendue que fin juin?

Il y a encore quelques jours, à la veille de l’annonce du référendum du 5 juillet, la Grèce avait livré une série de propositions aux institutions (BCE, FMI et Eurogroupe), plutôt éloignées du programme initial du gouvernement Tsípras, au point de provoquer des remous dans la coalition de gauche Syriza: hausses de TVA, augmentation de l’âge effectif du départ à la retraite, excédent budgétaire primaire de 1% (hors intérêts de la dette publique), le tout en cherchant à taxer les revenus grecs les plus élevés.

L'humiliation n'est plus de mise...

Mais à la manière d’un professeur s’adressant avec mépris à son étudiant, les experts du FMI avaient biffé de rouge les propositions du gouvernement. Oui pour la hausse de TVA, pas touche aux riches, disaient en substance les annotations du FMI sur la copie de l’élève grec. Inacceptable, pour un pays mis à terre par des politiques d'austérité qui n’ont fait que saigner encore plus le malade.

Un référendum (gagné) plus tard, l’humiliation n’est plus de mise. Du moins pour l’instant. Malgré le fait que la Grèce a fait défaut sur sa dette vis-à-vis de l’institution internationale le 30 juin (sur 1,6 milliard de dollars), Christine Lagarde assure que le FMI reste «engagé» dans ce dossier. Langage d’apaisement qui préfigure un compromis? Peut-être.

...mais tout reste à faire

«Sans unité, nous allons nous réveiller dans quatre jours dans une Europe différente», a lancé mercredi Donald Tusk, le président du conseil européen, appelant la Grèce comme les créanciers à un accord d'ici dimanche prochain. Car tout reste à faire. Certes, il est enfin question de restructuration de la dette publique, mais le FMI ne dit rien sur ses modalités. Or, la question de la dette, est, du point de vue d'Alexis Tsípras, issu de la gauche radicale et porté au pouvoir en janvier, la preuve la plus flagrante de l'échec des plans d'aide accordé à la Grèce.

Tsípras n'a cessé de marteler qu'à chaque plan d'aide, créanciers et gouvernements hellènes (avant le sien) se sont mis d'accord sur des hypothèses qui ne se sont jamais réalisées (croissance, rentrées fiscales, privatisations...), avec en prime un mouvement infernal d'emballement de la dette. Ce fut toujours le même scénario : un plan d'aide qui n'atteint pas son objectif de croissance, de réduction des déficits publics et au bout du compte, la nécessité d'une nouvelle aide.

L'ultimatum de dimanche

Résultat: une croissance en recul (près de -30%) depuis 2008 et une dette toujours plus grosse, faisant exploser celle-ci par rapport à un PIB qui ne cesse de fondre. Exemple : en 2012, la Troïka prévoyait un ratio dette/PIB de 153% pour 2015, il frôle aujourd'hui les 180%.

Plus que jamais, cette fuite en avant a atteint sa limite. Au point où même le FMI admet aujourd'hui son caractère non viable. Mais s'agira-t-il simplement de repousser les échéances de remboursement et de baisser (à presque rien) les taux d’intérêt ? Ou bien, comme le souhaite Tsípras, de faire en plus un abandon de créance, de sorte que la dette grecque ne dépasse pas les 100% du PIB ? Réponse dimanche, date de l'ultimatum donné par les institutions. D'ici là, le clan des durs en Europe (majoritaires) et adeptes d'une solution punitive à l'encontre de la Grèce ne manquera pas de faire entre sa voix.

Vittorio DE FILIPPIS

Source :http://www.liberation.fr/monde

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