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 Haiti-Refondation.org

Le Pape revient à la charge une fois de plus et dénonce à nouveau le climat d’avant-guerre qui règne dans le monde

14 Juin 2015, 11:30am

Publié par haiti-refondation-org

Le Pape revient à la charge une fois de plus et dénonce à nouveau le climat d’avant-guerre qui règne dans le monde

par Sébastien Maillard

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« Il semble que la famille humaine refuse d’apprendre de ses propres erreurs causées par la loi de la terreur ; et ainsi, encore aujourd’hui, il y en a qui cherchent à éliminer leurs semblables, avec l’aide des uns et le silence complice des autres qui restent spectateurs », se désole Jorge Bergoglio « Il semble que l’enthousiasme qui est apparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale soit en train de disparaître et de se dissoudre. »

Inquiet de ce "climat de guerre" qui règne dans le monde, le pape a prêché la paix et la réconciliation à Sarajevo, « ville symbole » pour mettre en garde contre une « troisième guerre mondiale ». Il a repris, samedi, dans son homélie, l’idée, régulièrement exprimée, qu’une « espèce de troisième guerre mondiale » était déjà en cours. De plus, Il a ajouté, que n’importe qui, désormais, pouvait pleinement prendre conscience de ce climat.

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Une « ville symbole » pour mettre en garde contre une « troisième guerre mondiale » que le pape ne cesse depuis un an de dénoncer.

Pour dissiper ce climat de guerre, il soutient la coexistence entre peuples et religions et la transmission de la mémoire.

Un lâcher de colombes dans une ville parsemée de cimetières. Un « jamais plus la guerre ! » qui résonne entre des murs dont l’enduit cache mal qu’ils furent criblés de balles. Des rencontres avec des témoins de la dernière guerre passée puis avec la nouvelle génération…

L’intense déroulement du voyage du pape François à Sarajevo, samedi, aura été un concentré de symboles. Avec chaque fois un même message de soutien à la diversité religieuse et culturelle comme gage de paix.

Pour livrer ce message, le lieu même de Sarajevo a servi de « ville symbole », comme le pape l’a qualifiée dimanche 7 après l’angélus place Saint-Pierre. « Cette ville qui a tant souffert des conflits sanglants du siècle dernier et qui est redevenue un lieu de dialogue et de cohabitation pacifique », l’avait-il définie la veille, à son arrivée : « Sarajevo et la Bosnie-Herzégovine revêtent une signification spéciale pour l’Europe et pour le monde entier. » Aujourd’hui comme hier.

Une troisième guerre mondiale « disséminée »

Dans son homélie, le pape s’est vivement inquiété d’un « climat de guerre » qu’il perçoit « par le fait qu’il y a dans le monde de nombreux conflits armés ». « C’est une sorte de troisième guerre mondiale livrée “par morceaux” », a-t-il dénoncé, reprenant l’expression qu’il employa une première fois à son retour de Corée de Sud, le 19 août 2014 : « Aujourd’hui, nous sommes dans un monde en guerre, partout ! Quelqu’un m’a dit : “Savez-vous, Père, que nous sommes dans la troisième guerre mondiale, mais “disséminée” ? ».

Cette dissémination n’empêche pas le pape de pointer depuis, un à un, les divers conflits en cours, comme lors de ses derniers vœux au corps diplomatique, en janvier. Il avait alors dénoncé les guerres s’appuyant sur des « formes déviantes de religion » : « Le fondamentalisme religieux (…) refuse Dieu lui-même, le reléguant au rang de pur prétexte idéologique.

À Sarajevo, le pape s’en est pris, une nouvelle fois, à « ceux qui cherchent l’affrontement entre différentes cultures et civilisations » et à « la barbarie qui voudrait faire de toute différence l’occasion et le prétexte de violences toujours plus féroces ».

La mémoire de la Seconde guerre mondiale en train de disparaître

Face à Daech, implicitement visé, le Saint-Siège tolère toutefois un recours à la force, demandant qu’il s’opère dans le cadre de l’Onu. En même temps, le pape dénonce, à travers son image de troisième guerre mondiale, le commerce des armes.

Avec plus d’insistance encore qu’en Terre sainte il y a un an, il a fustigé, à Sarajevo, « l’hypocrisie des puissants », qui « proclament la paix » tout en armant les conflits, « ceux qui spéculent sur les guerres pour vendre des armes ». « C’est contradictoire », a-t-il réaffirmé à la presse dans le vol retour. Autre contradiction, celle de ne pas tirer les leçons du passé et de rester dans une indifférence collective face aux conflits, comme ceux qui forcent à l’exil les chrétiens d’Orient.

« Il semble que la famille humaine refuse d’apprendre de ses propres erreurs causées par la loi de la terreur ; et ainsi, encore aujourd’hui, il y en a qui cherchent à éliminer leurs semblables, avec l’aide des uns et le silence complice des autres qui restent spectateurs », se désolait Jorge Bergoglio au début de la messe pour le centenaire du génocide arménien, le 12 avril : « Il semble que l’enthousiasme qui est apparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale soit en train de disparaître et de se dissoudre. »

« Jamais plus la guerre »

De quoi donc laisser s’installer à l’inverse un « climat de guerre ». Le dépeindre depuis la ville d’où a été déclenché le premier conflit planétaire, en 1914, ne pouvait donner plus de relief à ce qui sonne comme un avertissement. Juste à côté du stade olympique, où le pape a célébré la messe pour près de 70 000 fidèles, s’étendent des pierres tombales. D’où un appel, tout aussi chargé d’histoire : « Jamais plus la guerre ! »

Depuis le début de son pontificat et son action en septembre 2013 contre un projet d’intervention militaire occidentale en Syrie, le pape François use de la célèbre formule de Paul VI, prononcée en 1965 aux Nations unies. Cette même tribune, où cinquante ans après, en septembre, Jorge Bergoglio s’exprimera à son tour, devrait lui offrir une nouvelle occasion de mettre en garde le monde contre un actuel « climat de guerre »

Pour le dissiper, le pape François a déjà donné à Sarajevo ses deux recommandations. Les mêmes qu’à son précédent voyage dans les Balkans, en Albanie, en septembre dernier : le dialogue interreligieux et la transmission de la mémoire des anciens.

Tirer les leçons du passé

Pour appuyer l’importance de vivre ensemble au-delà des différences religieuses identitaires, la « Jérusalem de l’Europe » ainsi qu’est surnommée la capitale de la Bosnie-Herzégovine a également servi de symbole éloquent pour le pape. Dans cette ville jalonnée de minarets, de clochers, et où demeure une vieille communauté juive, il a conclu une rencontre œcuménique et interreligieuse par un temps de prière commune entre « descendants d’Abraham ».

« Dans cette terre, décrivait-il plus tôt aux autorités du pays, les relations cordiales et fraternelles entre musulmans, juifs et chrétiens revêtent une importance qui va bien au-delà de ses frontières : elles témoignent au monde entier que la collaboration entre diverses ethnies et religions en vue du bien commun est possible, qu’un pluralisme de cultures et de traditions peut subsister. » « Vous avez une grande vocation, a-t-il dit aux jeunes du pays dans le même sens : ne jamais construire des murs, seulement des ponts ! »

À cette fin, la mémoire du passé ne doit pas servir à perpétuer des haines ancestrales mais au contraire à les prévenir. C’est le message qui est ressorti de la rencontre du pape avec des religieux ayant souffert durant la guerre civile. À Tirana, il avait, de même, écouté les témoignages de religieux victimes de l’athéisme sous la dictature d’Enver Hoxha.

Conversion du cœur

Pour le pape, qui insiste sans cesse sur les liens entre générations, cette transmission doit radoucir les cœurs, sans crainte des larmes. Il avait ainsi conclu son discours pour le début de la Première Guerre mondiale au cimetière militaire de Redipuglia, le 13 septembre dernier :

« Avec un cœur de fils, de frère, de père, je vous demande à vous tous, et pour nous tous, la conversion du cœur : passer de ‘‘Que m’importe ?’’ aux larmes. (…) L’humanité a besoin de pleurer, et c’est maintenant l’heure des larmes. » Le jubilé de la miséricorde, qui s’ouvrira le 8 décembre, veut aider à répandre ainsi un autre climat que celui de la guerre.

Sébastien Maillard, à Sarajevo

Avec le Journal La Croix

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/

http://haiti-refondation-org 2015/06/le-pape-revient-a-la-charge-une-fois-de-plus-

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