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 Haiti-Refondation.org

Changement climatique : le rapport alarmant de la Maison Blanche

19 Mai 2014, 11:02am

Publié par haiti-refondation-org

par Jean-Paul Fritz

Changement climatique : le rapport alarmant de la Maison Blanche

Etés plus longs et plus chauds, hivers plus courts, pluies plus intenses, inondations régulières... L'administration américaine dresse un portrait de la situation qui sonne comme un signal d'alarme.

Le changement climatique n'est pas seulement une inquiétude pour un futur proche : il est déjà là. Dans un rapport gouvernemental rendu public mardi 6 mai au soir, la Maison Blanche tire la sonnette d'alarme dans un pays où la réalité du réchauffement planétaire est souvent contestée, principalement pour des raisons politiques. Le rapport réalisé par un panel de plus de 300 scientifiques, sous la houlette de l'administration fédérale, montre aux Nord-Américains que leur pays, lui aussi, souffre du dérèglement du temps...et qu'il faut prendre des mesures. Si les conclusions concernent les diffférentes régions des USA, elles ont valeur d'exemple : si le pays le plus développé au monde doit se préparer aux conséquences du changement climatique, les autres nations auront du mal à l'ignorer.

Les températures moyennes aux USA ont augmenté de presque deux degrés depuis 1895 et pourraient encore augmenter de 10 degrés d'ici 2100, et le niveau des mers pourrait s'élever de près de deux mètres, prévient le rapport, qui prédit des dommages économiques et humains dûs au réchauffement et souligne "la nécessité pour le peuple américain de se préparer et répondre à ses conséquences considérables".

"Les étés sont plus longs et plus chauds, et les périodes de chaleurs inhabituelles durent plus longtemps qu'aucun Américain vivant ne l'a jamais vécu. Les hivers sont généralement plus courts et plus chauds. La pluie arrive en averses plus fortes. Les gens voient les changements dans la longueur et la sévérité des allergies saisonnières, les variétés de végétaux qui prolifèrent dans leurs jardins, et les types d'oiseaux qu'ils voient chaque mois dans leur voisinage", explique le texte introductif du rapport.

"D'autres changements sont plus dramatiques. Les résidents de certaines régions côtières voient leurs rues inondées plus régulièrement durant les tempêtes et les hautes marées. Les cités à l'intérieur des terres qui sont proches de grandes rivières sont aussi sujettes à davantage d'inondations, particulièrement dans le Midwest et dans le nord-est. Les taux d'assurances augmentent dans certains lieux vulnérables, et dans d'autres, elles ne sont même plus disponibles. Un climat plus chaud et plus sec et une fonte précoce des neiges signifient que les feux de foret dans l'ouest démarrent plus tôt au printemps, et brûlent de plus grandes surfaces. Dans l'Alaska arctique, la glace estivale qui protégeait les côtes s'est estompée, et les tempêtes automnales provoquent davantage d'érosions, menaçant de nombreuses communautés de relocalisation".

La pollution va augmenter, et le réchauffement est visible de l'espace

Conséquence de ce réchauffement, la pollution dans les villes va elle aussi augmenter. Le smog va empirer dans toutes les grandes villes des Etats-Unis. Responsable ? Les niveaux d'ozone. Les températures plus élevées provoquent leur augmentation. Les Américains peuvent s'attendre à ce que le nombre de jours où l'air sera néfaste à la santé augmente de 70% d'ici au milieu du siècle si les émissions de gaz pollluants ne sont pas drastiquement réduites.

Les effets du réchauffement climatiques ne sont pas seulement mesurés par des instruments au sol, ils sont aussi visibles de l'espace, comme l'a expliqué hier sur son blog Charles Bolden, l'administrateur de la NASA, juste après la publication du rapport de la Maison Blanche. Les instruments de l'agence spatiale américaine, qui a contribué au rapport gouvernemental, permettent déjà "de voir les impacts du changement climatique dans le monde." Pour M.Bolden, les moyens de la NASA doivent "nous aider à comprendre ce qui se passe globalement, dans des domaines comme la glace polaire, les précipitations extrêmes, les changements des températures, l'augmentation du niveau des mers et les écosystèmes forestiers".

Des réponses "insuffisantes"

Les observations "sont consistantes avec des changements significatifs dans les tendances climatiques de la Terre, assure le rapport, qui met directement en cause "les activités humaines", assurant que "l'importance du changement climatique dans les prochaines décennies dépend principalement de la quantité de gaz à effet de serre émis globalement, et du degré de sensibilité du climat de la Terre à ces émissions".

La planification pour s'adapter et se préparer aux conséquences, et l'atténuation, pour réduire les changements futurs en réduisant les émissions, deviennent plus répandues. Mais selon le rapport américain, les efforts actuels sont "insuffisant pour éviter des effets de plus en plus négatifs sur les plans social, environnemental et économique".

Les obstacles sont nombreux, et le rapport cite "les fonds limités, les obstacles légaux et réglementaires, et la difficulté d'anticiper les changements liés au climat à l'échelon local". En revanche, les meilleures pratiques doivent être partagées. Les actions d'adaptation qui répondent aussi à d'autres objectifs sociétaux comme le développement durable, la réduction de risques majeurs ou l'amélioration de la qualité de vie "doivent être intégrés dans les processus de prise de décision."

"En dépit d'efforts émergents, le rythme et l'étendue de l'adaptation des activités n'est pas proportionnel aux risques que le changement climatique représente pour la population, les biens, les infrastructures et les écosystèmes", prévient également le rapport. "Les décisions sur la manière de répondre au changement climatique peuvent être complexes, et nécessiteront une combinaisons d'actions d'adaptation et de réduction (des causes du changement climatique). Les décideurs, qu'ils soient individus, officiels ou autres, devront être aidés à intégrer les données scientifiques dans leurs décisions d'adaptation et de réduction."

On ne peut pas douter que ce qui est valable pour les Etats-Unis est également à prendre en compte par le reste du monde. Si d'autres pays ont été jusqu'ici plus conscients du risque climatique que les USA, ce rapport très officiel va peut-être changer la donne. Reste à voir s'il y aura des résultats concrets, notamment lorsqu'il s'agira de discuter des suites du protocole de Kyoto...

 

Jean-Paul Fritz

Source : Le Nouvel Observateur

http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences

Les Inquiétudes d'Obama

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jipebe29 21/05/2014 17:44

Cela fait plus de 20 ans que l’on nous bassine avec l’urgence climatique, et cela fait 17 ans qu’il n’y a plus de réchauffement climatique. Alors, où est l’urgence? Le simple bon sens commande d’attendre 2020 pour voir comment Tglobale va évoluer, sachant que, compte tenu des cycles multidécennaux, en phase avec les positions du soleil autour du centre de gravité du système solaire, il est probable que nous allions vers un refroidissement, comme ce fut le cas de 1950 à 1978. Et surtout, ne pas lancer des politiques climat-énergies aussi onéreuses qu’inutiles. Wait and see…