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 Haiti-Refondation.org

L'OPLL'ORGANISATION DU PEUPLE EN LUTTE (OPL) DÉNONCE LA DÉCLARATION CONJOINTE DE OUANAMINTHE DÉNONCE LA DÉCLARATION CONJOINTE DE OUANAMINTHE

11 Janvier 2014, 20:47pm

Publié par haiti-refondation-org

Ayant pris connaissance de la Déclaration conjointe des gouvernements haïtien et dominicain, diffusée, via Internet, aux aurores du mercredi 8 janvier  2014, !'Organisation du Peuple en Lutte estime qu'il est de son devoir de questionner certains aspects particuliers du texte. Par exemple:

a- La réunion s'est tenue dans les installations de la CODEVJ, entreprise dominicaine installée à Ouanaminthe. Le lieu est tout à fait inapproprié,puisque représentatif des intérêts économiques de la République voisine. La Déclaration conjointe laisse percer l'incapacité du gouvernement haïtien à décider du lieu d'accueil,sur son territoire,d'un dialogue de si haute portée.

b.- La Déclaration conjointe attribue, entre parenthèses, le nom de Juana Mendez à la ville haïtienne de Ouanaminthe. C'est inacceptable, car aucune de nos villes ne porte ce nom. Cette nuance est imposée de toute évidence par les représentants de la République dominicaine o dans l'usage courant, Ouanaminthe est désignée sous l'appellation de Juana Mendez. De toute façon, cet écart lève le voile,au besoin, sur le niveau de rigueur des représentants haïtiens,incapables de sauvegarder leur propre identité...

c.- Où est le côté historique mentionné dans ce dialogue,en termes de franchise et d'avancées?

d.- Il paraît que ce dialogue n'est pas limité dans le temps, et qu'il s'étendrait à chaque premier lundi du mois. C'est dénué de sens,étant donné que l'agenda est caché, et que même l'Arrêt 168- 13,principalement concerné, y est mentionné de manière non explicite.

e.- La réactivation de la Commission Mixte, sans analyse sérieuse du pourquoi de l'interruption ,

jette incontestablement un flou sur la mise en œuvre des accords précédents.

f.- Haïti n'a pas à reconnaître le droit souverain de la République dominicaine de déterminer, seule, sa politique migratoire. Dans le cadre d'une Déclaration conjointe, une telle affirmation non réciproque sous-entend qu'Haïti ne reconnaissait point ce droit et qu'elle serait disposée maintenant à s'y plier.

 

Ce point, à notre avis, fait référence, sans concession possible , à l'acceptation pleine et entière de l'Arrêt 168-13. Alors que, logiquement, Haïti devrait, au -contraire, se joindre à la Communauté internationale pour dénoncer haut et fort la volonté manifeste des autorités dominicaines, par l'application dudit Arrêt,d'instaurer un système d'Apartheid dans la partie orientale de l'île.

Le gouvernement haïtien ne devrait pas solliciter du gouvernement dominicain la garantie de mesures concrètes en vue de la sauvegarde des droits fondamentaux des personnes d'origine haïtienne. Il s'agit là d'un recul total au regard des droits des Dominicains reconnus par la Constitution de la République voisine.

g.- La Loi de régularisation prévoit de résoudre la situation d'apatride du Dominicain dénationalisé , dans la mesure où ce Dominicain d'origine haïtienne reconnaît ne pas être d'emblée un citoyen dominicain, pour rentrer, éventuellement, dans le processus de régularisation.

h.- Le gouvernement haïtien accepte de régulariser, conjointement avec le gouvernement dominicain, la situation des travailleurs « étrangers » en République dominicaine. En revanche, le gouvernement haïtien prend à sa charge l'octroi de docwnents d'identification appropriés aux travailJeurs  temporaires.

Il s'agit encore ici d'une concession -sinon d'une naïveté- extrêmement grave du gouvernement, car cela sous-entend que tous les travailleurs étrangers temporaires en RépubHque dominicaine sont des citoyens haïtiens. Alors qu'il est du domaine public qu'une proportion de plus de 20% de la population voisine n'est pas enregistrée dans les archives officielles dominicaines.

Nous nous en tenons, pour l'instant, à ces quelques aspects de la question qui démontrent la légèreté, voire l'irresponsabilité , dont le régime en place a fait preuve lors des discutions avec la délégation dominicaine. Étant donné que l'Arrêt 168-13 constitue en soi un crime contre l'Hwnanité, le gouvernement haïtien, en acceptant d'en discuter dans le cadre d'une Commission bilatérale,a fait montre d'un infantilisme pofüique déconcertant. L'OPL en prend acte et demande aux partis politiques de l'opposition plurielle, ainsi qu'aux organisations de la société civile,de se concerter dans le but légitime de porter le régime Martelly/Lamothe à se ressaisir afin de pouvoir défendre, intelligemment, les intérêts fondamentaux du pays, conformément aux idéaux pérennes des Pères-Fondateurs de la patrie commune.

Port-au-Prince , le 9janvier 2014 Pour le Comité Exécutif de l'OPL

           William KENEL-PIERRE

Coordonnateur aux Relations Internationales

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